Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/10/11 à 09:24 - Mise à jour à 09:24

Un sommet décisif pour l'Europe ce mercredi

Il fallait s'y attendre, Angela Merkel nous avait d'ailleurs déjà prévenu fin de la semaine dernière : "Il n'y aura pas de décision ce dimanche, mais uniquement des préparatifs importants avant le sommet européen décisif de ce mercredi". Et de facto, le sommet de ce mercredi est décisif, car il s'agit pour l'Europe de tout simplement éviter la contagion de la crise de la dette à l'Espagne et à l'Italie.

L'Italie est le pays qui fait le plus peur en ce moment presque plus que la Grèce car les autres pays ont l'impression que les efforts d'assainissement budgétaires se sont relâchés ces dernières semaines. Si l'Italie devait revenir sous le collimateur des marchés financiers, le risque de contagion serait plus grave qu'avec la Grèce, car l'Italie est la 3e économie de la zone euro.
C'est la raison pour laquelle, Merkel et Sarkozy ont tapé sur les doigts de Berlusconi ce dimanche pour le rappeler à l'ordre. Mais si c'est si urgent, s'il est minuit moins 5, pourquoi attendre mercredi et pourquoi ne pas avoir résolu tous ces problèmes lors du sommet européen de ce dimanche à Bruxelles ? Parce que comme l'a expliqué Nicolas Sarkozy : "le sujet est d'une complexité technique considérable". "Il demande énormément d'argent, intègre d'autres partenaires que les Etats, notamment des banques, avec lesquelles, il faut trouver un accord sur la base du volontariat, de plus ce sujet concerne 17 pays de la zone euro et toutes les institutions financières mondiales". Voilà pourquoi cela prend autant de temps, c'est parce que les personnes intéressées autour de la table sont très nombreuses et parfois avec des avis divergents.

En ce qui concerne la réponse européenne à la crise, tout le monde est d'accord sur le chemin à suivre. Il s'agit : 1. de stabiliser la Grèce surendettée. 2. de demander aux banques créancières de la Grèce d'accepter des pertes d'au moins 50% sur la dette grecque qu'elles ont en portefeuille. 3. de renforcer les fonds propres des banques en contrepartie de l'acceptation de cette perte. Et enfin 4. trouver une solution pour démultiplier la puissance de feu du fonds monétaire mis en place par les européens pour protéger la zone euro. Pour le moment, il n'a que 440 milliards d'euros en caisse et ce n'est pas suffisant en cas de crise. Comment augmenter ce fonds, c'est tout l'objet des discussions très techniques qui auront lieu jusqu'à la dernière seconde ce mercredi. Une seule chose est certaine actuellement : l'Europe doit trouver une solution ce mercredi, sinon c'est la descente aux enfers assurée.

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