Sébastien Deletaille : " On utilise le ' big data ' au service de l'intérêt général "

Fort de son diplôme en gestion à la Solvay Brussels School (ULB) et de son passage chez McKinsey en tant que consultant, Sébastien Deletaille (30) est né sous le signe de l'esprit d'entreprendre.

Sébastien Deletaille : " On utilise le ' big data ' au service de l'intérêt général "

Sébastien Deletaille © Tineke De Vos

INNOVATORS UNDER 35 : découvrez les pionniers de demain

Les talents jeunes et innovants méritent la reconnaissance? Telle est depuis 1999 déjà l'ambition d'Innovators Under 35, un prix du prestigieux MIT Technology Review. Avec le soutien de BNP Paribas Fortis, la première édition belge s'est tenue cette année. Le 20 mai, l''Innovator of the Year' et le 'Social Innovator' seront rendus public. Vous nous faisons d'ores et déjà découvrir les candidats.

Très tôt, Sébastien Deletaille a contracté le virus de l'entrepreneuriat. A l'école, il a participé au programme 'Jeunes entreprises' visant à stimuler l'esprit d'entreprise chez les jeunes. Et à l'ULB, il a fondé un club pour étudiants-entrepreneurs.

"Chez McKinsey, j'étais souvent en contact avec des opérateurs télécoms et j'ai constaté qu'ils disposaient de montagnes de données, sans pour autant les exploiter. C'est alors que m'est venue l'idée de fonder 'Real Impact Analytics', une société spécialisée dans les logiciels analytiques. "

"Nous avons pris le parti de nous concentrer sur les pays émergents et de nous focaliser sur les opérateurs télécoms en leur demandant de collaborer et de tirer de la valeur ajoutée de leurs données, dans le but d'améliorer la relation avec le client. Ce projet couvre l'ensemble des domaines du développement de produit, du marketing et de la communication. C'est ainsi que nous sommes parvenus en cinq ans à travailler pour les cinq plus importants opérateurs télécoms au monde de l'Afghanistan à la Zambie."

"Le projet que je soumets au MIT - 'Data for Good' - est une variante de ce que je fais mais avec une touche d'engagement sociétal. Cela revient à utiliser l'analyse des données télécoms pour servir l'intérêt général. Prenez l'exemple d'Ebola. Sur la base du trafic téléphonique, il est possible de cartographier des flux de mobilité entre villes. Un exemple: à Liberia, il y avait des pêcheurs qui étaient restés suffisamment longtemps en mer pour risquer d'infecter à nouveau leur environnement, alors même que l'épidémie avait été endiguée. Au départ de leur trafic téléphonique, je suis en mesure d'alerter les autorités. De même, je peux conseiller les ONG quant à l'emplacement idéal pour installer un camp d'assistance. Cela vaut non seulement pour la santé publique, mais aussi pour prévoir l'apparition de crises alimentaires ou le déploiement de matériel informatique, etc. Nous travaillons en collaboration avec les Nations Unies et les opérateurs télécoms. Trop souvent encore, les ONG reçoivent des rapports volumineux comportant des analyses complexes, alors que leur question première est de savoir où elles doivent envoyer l'aide humanitaire. C'est à cette question que nous souhaitons apporter une réponse."

Vous voulez assister à l'événement MIT le 20 mai à Bruxelles ? Inscrivez-vous ici.

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