Davantage d'accords bilatéraux que multilatéraux en perspective

Cela fait dix ans que les crises financières et économiques ont éclaté. L'économie se redresse dans de nombreuses régions, mais des risques subsistent. Les dettes souveraines et celles des entreprises qui restent très élevées, les obstacles géopolitiques et les prix bas des matières premières. Dans le même temps, les accords multilatéraux évoluent vers des accords bilatéraux, le signe d'une aversion croissante pour la globalisation.

Davantage d'accords bilatéraux que multilatéraux en perspective

© Getty Images/iStockphoto

Après la débâcle de la Seconde Guerre mondiale, les accords commerciaux internationaux se sont succédé. Le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) par exemple, en 1948, cet accord général sur les tarifs douaniers et le commerce international, qui a contribué en 1995 à la fondation de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), créée dans le but de stimuler fortement le commerce international.

Faire des affaires au niveau mondial

Parmi les mesures disponibles pour favoriser le libre-échange, on a choisi alors l'introduction de la réduction des tarifs sur l'importation, l'élimination des barrières unilatérales freinant le commerce et l'introduction de règles du jeu identiques pour tous les pays. Ces accords commerciaux multilatéraux devaient faciliter la libéralisation du commerce international.

L'une des conséquences a été la globalisation de l'économie. Elle a entraîné une augmentation de la prospérité, une baisse énorme des prix à la consommation, conjuguée à la baisse de la pauvreté sur les marchés émergents. Le revers de la médaille de la mondialisation est que la production des secteurs à forte intensité de main-d'oeuvre se déplace d'Amérique du Nord ou d'Europe vers ces pays émergents.

Révolte populiste

Aujourd'hui, de plus en plus de voix s'élèvent contre cette globalisation. La libre circulation des biens, des capitaux et des personnes peut être particulièrement positive, mais certains préfèrent se réfugier dans un passé plus rassurant. Et ce n'est pas un hasard si ce sont des personnes qui ont perdu leur emploi quelques années auparavant dans les secteurs industriels traditionnels.

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Il se pourrait bien que la globalisation atteigne ses limites.

Ces personnes déçues veulent protéger l'économie locale et s'opposent à l'arrivée des migrants ou des réfugiés, avec l'idée que ceux-ci pourraient leur voler leur emploi. C'est un argument électoral de choix pour les politiciens opportunistes qui cherchent à se faire (ré)élire. Heureusement, les populistes ont enregistré moins de succès électoral que craint lors des dernières élections (européennes).

Flirt avec les limites de la globalisation?

Il est intéressant de noter que certains pays qui étaient des partisans inconditionnels du libre-échange y sont parfois devenus des opposants radicaux. Dans une certaine mesure, la Chine se positionne comme un partisan et un gardien de la coopération économique mondiale - peut-être à cause des déclarations protectionnistes du président américain - mais, en même temps, ce pays demeure très protectionniste.

Peut-être la mondialisation atteint-elle ses limites. Cependant, revenir à la situation du passé est difficile et n'est pas nécessairement dans l'intérêt des personnes concernées. On peut naturellement se limiter à la production pour son propre marché domestique, mais s'il s'agit de générer une croissance et un progrès économique, les échanges internationaux sont importants, sinon essentiels.

Raphaël Cecchi, Credendo.

Raphaël Cecchi, Credendo.

Commerce mondial, le retour

"Jusqu'en 2008, il y eut de nombreux accords multilatéraux conclus au niveau mondial. Il n'est donc pas étonnant que la croissance du commerce mondial était en moyenne deux fois plus importante que celle de l'économie mondiale. Avec depuis la crise financière et économique, ce même commerce mondial a été en retrait. Entre 2012 et 2016, son taux de croissance est même devenu inférieur à celui de l'économie mondiale. Cependant, l'année 2017 a vu le commerce mondial effectuer un beau rebond profitant d'une croissance plus forte parmi les pays émergents et d'une demande plus élevée en Europe et aux Etats-Unis. "


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