Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

15/10/15 à 12:33 - Mise à jour à 13:59

Travailler jusqu'à 100 ans... mais pas dans n'importe quel monde !

Selon Rohit Talwar, un futurologue spécialisé dans le conseil stratégique aux entreprises, nos enfants ne partiront pas à la retraite à 67 ans, mais à 100 ans ! Et lorsque ce gourou décrit la journée-type d'un adulte de demain, je ne suis pas sûr que tout le monde sautera de joie.

Travailler jusqu'à 100 ans... mais pas dans n'importe quel monde !

© Thinkstock

Avec la crise de la dette publique, plusieurs pays occidentaux ont décidé de retarder l'âge de la pension, souvent vers 67 ans. Généralement, ce genre de décision se fait dans la douleur et suscite énormément de réactions négatives de la part de la population. Il pourrait pourtant apparaître comme suranné dans quelques années aux yeux de nos enfants...

En effet, selon Rohit Talwar, un futurologue spécialisé dans le conseil stratégique aux entreprises, interviewé par le journal The Times de Londres, nos enfants ne partiront pas à la retraite à 62 ans, 65 ans ou 67 ans, mais à 100 ans ! La raison de ce recul considérable de l'âge de la retraite est simple : avec les progrès de la médecine, notre espérance de vie en bonne santé augmentera de 5 mois en moyenne par an.

D'après les calculs de ce futurologue, un enfant âgé de 11 ans aujourd'hui soufflera ses 120 bougies en 2124 et pourra travailler jusqu'à 100 ans. Toujours selon Rohit Talwar, ce même enfant de 11 ans totalisera en moyenne 40 emplois dans sa vie professionnelle, dont la plupart en multi-activité.

Partager

Un enfant âgé de 11 ans aujourd'hui soufflera ses 120 bougies en 2124 et pourra travailler jusqu'à 100 ans...

En revanche, lorsque ce gourou décrit la journée-type d'un adulte de demain, je ne suis pas sûr que tout le monde sautera de joie, surtout si cette journée-type risque de durer 100 ans... A ses yeux, l'adulte de demain sera chauffeur Uber le matin, livreur de colis pour Amazon l'après-midi ; le reste du temps, il louera sa chambre d'amis via Airbnb, ou ses placards vides et sa place de parking par le biais de l'économie participative. Pas sûr que cela donne vraiment envie de vivre 120 ans, même en bonne santé !

Pour se préparer à ce monde de demain - qui, personnellement, ne m'enchante guère - ce spécialiste des tendances dans le monde des entreprises préconise aux professeurs de former leurs élèves à un univers très différent de celui que nous connaissons, notamment via l'apprentissage de nouvelles compétences comme la gestion du stress et la relaxation pour gagner en productivité. Pourquoi ? Parce que le monde de demain, tel que décrit par ce gourou, sera plus anxiogène que le nôtre : nos concurrents en entreprise ne seront pas des réfugiés économiques ou politiques, comme le pensent certains, mais des robots ou des programmes informatiques sophistiqués qui, d'après lui, phagocyteront jusqu'à 80% de nos jobs.

Je m'en voudrais de plomber votre journée avec une telle perspective. C'est pourquoi je vous rappelle simplement que tous ces brillants esprits qui prédisent notre avenir se trompent fort heureusement très souvent. Si vous nourrissez des doutes, regardez sur YouTube le film Back to the Future (Retour vers le futur) qui a eu beaucoup de succès dans les années 80. Et observez comment les scénaristes américains imaginaient notre monde en 2015. Vous verrez qu'ils avaient tout faux sur beaucoup de points ! Non seulement il n'y a ni voitures volantes ni poubelles mobiles, mais la pauvre princesse Diana n'est jamais devenue reine d'Angleterre.

Nos partenaires