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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/07/14 à 12:20 - Mise à jour à 12:20

Travailler 3 jours par semaine mais à raison de 11 heures par jour

Carlos Slim, le multimilliardaire mexicain et accessoirement le deuxième homme le plus riche de la planète, vient de lancer un pavé dans la mare. A l'inverse de la plupart des riches de cette planète, qui ne jurent que par le "plus de travail", Carlos Slim, lui, joue la carte inverse : il vient de déclarer qu'à l'avenir, il faudrait travailler que 3 jours par semaine, en ajoutant, mais à raison de 11 heures par jour !

Pareille déclaration a de quoi étonner, mais elle est pourtant mûrement réfléchie, car Carlos Slim n'a pas sorti cette phrase comme une boutade au détour d'une conversation. Non, c'est au cours d'une convention sur l'avenir de l'emploi qu'il a développé sa thèse.

Premier argument de ce milliardaire : l'espérance de vie a considérablement augmenté. Pour lui, c'est clair, ce fait doit se répercuter sur notre mode de travail, allégé à court terme mais allongé à long terme. Autrement dit, les citoyens devraient travailler moins mais plus longtemps, sans doute jusqu'à leurs 70 ans et 75 ans. En disant cela, il fait en quelque sorte implicitement référence à ce que les médecins appellent la différence entre l'âge réel et l'âge nominal : aujourd'hui à 60 ans, on a un âge réel estimé de 50 ans. Ainsi, selon Carlos Slim, puisque nous vieillissons moins vite, il est logique de travailler plus longtemps.

Mais Carlos Slim va plus loin avec sa proposition de ne travailler que 3 jours par semaine à l'avenir. Pour lui, c'est clair que cela permettra de créer de nouvelles activités de divertissement et d'autres façons d'être occupés. Bref, cela créerait aussi de nouveaux emplois !

Chez nous en Belgique, la question des 3 jours ne se même pas. Le dernier rapport, rédigé par des experts sur les pensions, suggère modestement d'introduire la pension à mi-temps à partir de 60 ans et à 100% progressivement à partir de 66 ans en 2015, et ainsi de suite jusqu'à 68 ans en 2050. Mais à peine ce rapport a-t-il été dévoilé qu'il a été très critiqué par les politiques... Une chose est certaine : avec la coalition dite suédoise, le dossier des pensions va revenir sur la table, et le débat s'annonce passionné.

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