Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/02/14 à 11:19 - Mise à jour à 11:19

Tous vers la finance et les affaires!

Le regretté Général de Gaulle avait, parait-il, l'habitude de dire que "des chercheurs, on en trouve, mais des trouveurs, on en cherche !". Aujourd'hui, il ne pourrait même plus dire cela car les chercheurs se font rares et les jeunes ne semblent plus trop attirés par les sciences dures !

C'est en tout cas ce qui ressort d'une étude de l'OCDE, l'organisation qui regroupe les 34 pays les plus industrialisés au monde. Selon cette étude, seulement 9% des adolescents veulent étudier les sciences dures, la majorité d'entre eux préfèrent se diriger vers les affaires !

Pour être précis, cette étude signalée par le journal Le Monde (Regards sur l'éducation, 2013 et 5 février 2014) montre que ces jeunes se dirigent vers les sciences sociales, les écoles de commerce et vers le droit. Mais il est clair, que ce sont les études d'économie et de business qui se taillent la part du lion et non pas les études de sociologie. Dans des pays comme l'Indonésie, la Russie, le Mexique ou la Hongrie, les jeunes de 18 ans veulent, à plus de 40%, démarrer ce genre d'étude !

D'autres pays comme l'Australie ou la Grande-Bretagne sont en train de se spécialiser dans l'accueil des étudiants étrangers venus étudier le commerce. En Grande-Bretagne, 44% des étudiants étrangers sont sur place pour y faire des études dans des écoles de business !

Que retenir de cela ? D'abord, que nous sommes face à une génération mondiale de jeunes qui rêve moins de changer la planète que de s'y insérer via des métiers d'argent ! Bref, l'utopie a cédé la place à la froide et dure réalité!
Deuxièmement, cette fuite des cerveaux vers les écoles de business est inquiétante. Les meilleurs cerveaux aujourd'hui ne se dirigent pas vers les filières scientifiques, alors que c'est l'avenir de nos pays qui en dépend, notamment avec la révolution numérique. Le pire est que même ceux qui obtiennent un diplôme en sciences mathématiques ou physiques se dirigent vers d'autres jobs.
Pour vous donner un seul exemple, les diplômés des meilleures écoles d'ingénieurs en France complètent souvent leur cursus avec une année ou deux de finance, et quittent la France pour Londres, plus précisément pour le centre financier de Londres, là où leurs compétences s'achètent à prix d'or. Autrement dit, ces ingénieurs gagnent parfois en deux ans à la City ce qu'ils gagneraient en 10 ans comme ingénieur dans l'industrie.

C'est un constat terrible, les jeunes diplômés d'aujourd'hui veulent vendre et pas chercher ! Leurs parents devraient le leur dire : c'est une erreur car ce modèle n'est plus valable pour la nouvelle société numérique qui se crée devant nous !

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