Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

12/05/14 à 13:45 - Mise à jour à 13:45

Toujours plus d'argent sur les comptes d'épargne

On croyait que cela allait s'arrêter, qu'il y aurait une pause... Eh bien, non, le montant déposé par les Belges sur leurs comptes d'épargne ne fait qu'augmenter. Les derniers chiffres officiels de la Banque Nationale de Belgique montrent qu'il y a aujourd'hui 252 milliards d'euros sur les carnets d'épargne en Belgique, c'est donc un nouveau record !

Comme toujours quand on cherche à savoir pourquoi ce montant est aussi élevé, les arguments autour de la frilosité des Belges reviennent à chaque fois. Il y d'abord, le syndrome TINA, TINA comme TINA TURNER, mais sauf qu'il ne s'agit pas ici d'un prénom féminin mais d'un acronyme anglo-saxon qui reprend les premières lettres de l'expression : THERE IS NO ALTERNATIVE. Autrement dit, vu que les autres placements sont plus risqués, les Belges préfèrent malgré tout se contenter d'un rendement plus que maigrichon.

En réalité, ce rendement n'est pas seulement maigrichon, il est carrément négatif si l'on tient compte de l'inflation... C'est donc un très mauvais calcul que de laisser son épargne dormir sur un compte d'épargne, mais on a beau dire cela aux épargnants, rien n'y fait, seule une petite partie d'entre eux sont revenus en Bourse, pour leur plus grand bien d'ailleurs.

Pour certains économistes, l'aversion au risque, c'est-à-dire la peur des actions, est d'origine culturelle en Belgique. Sans compter que les gouvernements successifs n'ont rien fait pour favoriser le goût du placement à risque ces dernières années. Pas même Koen Geens, l'actuel ministre des Finances, qui aux dires de certains économistes, aurait mieux fait de supprimer la franchise fiscale dont bénéficient les livrets d'épargne. Mais élections obligent, il n'a pas voulu se faire hara kiri, ce qui est compréhensible.

Et donc, oui, le livret d'épargne reste la coqueluche des Belges tout comme l'immobilier d'ailleurs. Mais reste à voir si ces deux formes de placement verront leur fiscalité changer ou pas après les élections. La majorité des économistes pensent que ce sera le cas, pour la simple raison qu'il n'y aura plus d'élections avant 5 ans, et donc des mesures dites impopulaires pourraient être prises en début de législature, en espérant que l'électeur aura oublié les "coupables" avant les prochaines élections de 2019.

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