Télécoms : les revenus baissent, mais les opérateurs investissent massivement

30/06/14 à 16:58 - Mise à jour à 16:58

Source: Trends-Tendances

Les investissements des opérateurs télécoms dans leurs réseaux ont augmenté de près de 50 % en 2013. Parviendront-ils à les rentabiliser alors que leurs revenus continuent de chuter ?

Télécoms : les revenus baissent, mais les opérateurs investissent massivement

© ThinkStock

Depuis 2010, les revenus des opérateurs télécoms n'ont cessé de diminuer. Les derniers chiffres présentés ce lundi par l'IBPT, le gendarme du secteurs télécoms, montrent qu'en 2013, le chiffre d'affaires combiné des principaux opérateurs a connu une nouvelle inflexion, de l'ordre de - 3,9 % par rapport à 2012.

Un paradoxe, alors que nous consommons chaque jour un peu plus de services télécoms, que ce soit sur smartphone, tablette ou via les différents services fixes proposés par les opérateurs (TV numérique, Internet à haut débit). La régulation, notamment sur les frais de roaming, et une concurrence accrue, avec une guerre des prix sur le mobile, sont passées par là.

1,87 milliard d'euros d'investissements

Pour autant, les opérateurs télécoms ne se découragent pas. Ils poursuivent et renforcent même leurs investissements dans les réseaux. D'après les chiffres de l'IBPT (Institut belge des services postaux et des télécommunications), les opérateurs ont investi massivement en 2013. Comparé à 2012, leurs investissements ont bondi de 49,2 %, pour atteindre 1,87 milliard d'euros. Près d'un quart de ce montant résulte de l'achat de licences mobiles nécessaires pour le déploiement du réseau 4G. Le reste des moyens est affecté à l'augmentation de la vitesse et de la capacité des réseaux fixes et mobiles, ainsi qu'à des projets IT et de simplification du réseau, explique l'IBPT dans son rapport.

" Le montant élevé de ces investissements est une bonne nouvelle, souligne Jack Hamande, président de l'IBPT. Cela signifie que les infrastructures télécoms seront à un bon niveau. " Le problème, c'est que les opérateurs doivent rentabiliser ces lourds investissements dans les réseaux. Or, pour l'instant, l'explosion de la consommation d'Internet mobile ne se traduit pas en revenus supplémentaires pour les opérateurs.

Si les consommateurs belges ont consommé en 2013 près de trois fois plus de données mobiles qu'en 2012, les revenus sur ce segment ont à peine progressé (+ 7% seulement). Suite à la guerre des prix que se sont livrés les opérateurs, les dépenses mensuelles moyennes des clients mobiles ont même chuté considérablement : - 12%. Les opérateurs ne parviennent pas à rentabiliser l'augmentation du trafic d'Internet mobile sur leurs réseaux. La preuve : la 4G (Internet mobile ultra-rapide) n'est pas un service supplémentaire facturé en plus du reste. Les trois principaux opérateurs ont décidé de l'inclure " gratuitement " dans certains forfaits, généralement les plus gourmands en Internet mobile.

Des investissements qui profitent à d'autres ?

Comment inverser la tendance ? " Les opérateurs devront développer de nouvelles solutions, notamment des applications propres qu'ils pourront monétiser ", indique Jack Hamande, président de l'IBPT. Problème : le marché évolue très vite. Et pour l'instant ces créateurs d'applications et de solutions nouvelles ne sont pas les opérateurs télécoms. Ce sont des services de vidéo comme Netflix ou Youtube, des services d'appels par Internet comme Skype ou Viber, des services de stockage de données comme Dropbox.

La situation est inconfortable pour les opérateurs télécoms. Acteurs locaux soumis à une régulation nationale et européenne, ils continuent d'investir massivement dans des réseaux toujours plus performants, sans pour autant parvenir à faire redécoller leurs revenus. Dans le même temps, les géants de l'Internet, acteurs globaux totalement dérégulés, utilisent ces infrastructures télécoms pour monnayer leurs services et faire gonfler leurs revenus. Malgré une position stratégique enviable - ils maitrisent l'infrastructure de communication et de transmission de données -, les opérateurs télécoms n'ont pas encore trouvé la clé de cette équation complexe.

Nos partenaires