Syrie: Assad interdit les transactions en devises étrangères

04/08/13 à 17:38 - Mise à jour à 17:38

Source: Trends-Tendances

(Belga) Le président syrien Bachar al-Assad a promulgué dimanche un décret interdisant toute transaction commerciale en devises étrangères, les contrevenants encourant des peines de prison ou de travaux forcés.

Syrie: Assad interdit les transactions en devises étrangères

"La livre syrienne est la seule monnaie" autorisée dans la vie quotidienne et les affaires, et "il est interdit d'effectuer des paiements, des remboursements, des transactions ou des opérations commerciales en devises étrangères ou en métaux précieux", indique le décret publié par l'agence officielle Sana. Les contrevenants encourent des peines allant de six mois à trois ans de prison, ou de trois à dix ans de travaux forcés, selon le montant de l'infraction, ainsi que des amendes. "Cette mesure est symbolique car elle intervient dix ans presque jour pour jour après l'annulation par Bachar al-Assad de la loi numéro 24 de 1986 qui interdisait aux Syriens de posséder des dollars", note Jihad Yazigi, directeur de l'hebdomadaire économique "The Syria report". "Aujourd'hui la décision prise vise à rendre très compliquée toute transaction qui n'est pas en livre syrienne, et à contrôler le taux de change", ajoute-t-il. L'économie syrienne a connu une dollarisation croissante en raison de la chute de la monnaie nationale. En 28 mois de conflit, la livre syrienne (SYP) a perdu les trois-quarts de sa valeur par rapport au dollar. Le billet vert qui s'échangeait à 50 livres en mars 2011 se change aujourd'hui autour de 200 SYP pour 1 dollar, après être monté au dessus de 300 SYP. Certains grands propriétaires ont vendu leurs terrains en dollars, notamment dans la banlieue chic de Damas, et des importateurs fournissent aux industriels syriens des matières premières comme le riz ou le sucre en échange de monnaie américaine. Le directeur de la Banque centrale, Adib Mayalé avait accusé en mars les "ennemis" de la Syrie de faire en sorte que "les citoyens perdent confiance dans leur pays, dans leur monnaie et dans leur économie". (Belga)

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