Tom Boon: "Il faut se fier à son instinct"

18/03/15 à 15:45 - Mise à jour à 15:31

Depuis 2001, les montres belges Raidillon font référence au fameux virage du circuit automobile de Spa-Francorchamps. Son ambassadeur, le hockeyeur Tom Boon, est pourtant issu d'une tout autre discipline sportive.

Tom Boon: "Il faut se fier à son instinct"

Vous jouez actuellement aux Pays-Bas, le pays par excellence du hockey.

" En effet. Il existe auxPays-Bas quelque 250 000 joueurs de hockey, contre 40 000 seulement en Belgique. Je vis à Amsterdam. On y croise constamment des gens qui portent un stick sur leur vélo, en chemin ou au retour d'un entraînement. "

Comment expliquez-vous cette différence en matière de culture du hockey ?

" Les Pays-Bas ont été champions du monde en 1998, ce qui a provoqué un énorme boom de cette discipline. En Belgique, nous avons connu un phénomène assez comparable : depuis que notre équipe nationale de hockey a réalisé de bons résultats aux JO de Pékin en 2008, de plus en plus de gens s'inscrivent dans les clubs. "

Pensez-vous que le hockey pourrait devenir aussi populaire chez nous qu'aux Pays-Bas ?

" Le problème est que nous disposons de trop peu de terrains et qu'il n'existe pas d'espaces pour en créer de supplémentaires. Aux Pays-Bas, certains clubs disposent de dix terrains. Ici, un club qui compte 1 200 membres devra se contenter dans le meilleur des cas de deux terrains. "

La différence de niveau est-elle sensible ?

" Comme il y a plus de personnes qui pratiquent le hockey, le niveau est plus élevé aux Pays-Bas où la catégorie supérieure compte douze excellentes équipes alors que, chez nous, la meilleure équipe possède tout au plus trois ou quatre concurrents. "

LE HOCKEY AU BIBERON

Entre-temps, les hockeyeuses belges se sont joliment manifestées.

" Chez nous, le hockey devient une espèce de mode. C'est un sport auquel on attribue un certain nombre de valeurs nobles, parmi lesquelles, avant tout, le fair-play. Au hockey, tout le monde partage tout ensemble : à la douche, au bar... Tout le monde se connaît. Au départ, c'était même un sport littéralement familial. On ne se lançait dans le hockey que si maman ou papa était membre du club. Ce n'est plus le cas actuellement mais cette image familiale perdure. "

Vous avez en tout cas apprivoisé le hockey dès l'âge du biberon.

" J'ai débuté à quatre ans mais, en réalité, j'ai eu un stick en mains dès que j'ai pu marcher. À l'époque, toute la famille jouait au hockey : ma mère, ma soeur, mes oncles... Je n'ai jamais imaginé pratiquer un autre sport. "

En avez-vous fait un job à temps plein ?

" Absolument. Le hockey est un sport très physique aux Pays-Bas, mais il est surtout mentalement exigeant. On n'arrête pratiquement jamais. J'ai récemment pu prendre quelques semaines de vacances, pour la première fois en six ans. Mais je suis heureux d'avoir pu transformer mon hobby en profession. Je voudrais pouvoir pratiquer mon sport jusqu'à ce que mon organisme m'oblige à y renoncer. Jusqu'ici, je n'éprouve aucun problème de ce type, mais je sais que dès que des blessures surviennent, tout devient plus difficile. Je crois que je vais encore pouvoir jouer jusqu'à mes 30 à 32 ans. "

PLUS D'INSTINCT QUE DE REFLEXION

Quel est l'ADN du hockey ?

" C'est un sport complet. Il exige à la fois une excellente forme physique et une bonne technique. Il apparaît lors de tests que nous sommes corporellement plus forts que les footballeurs de haut niveau. Il nous est naturel de tout donner. La plupart des hockeyeurs ont, comme moi, commencé dès leurs quatre ans. Celui qui commence à s'entraîner beaucoup plus tard ne manquera pas d'éprouver des problèmes. "

Le hockey de haut niveau est-il pesant en termes de mental ?

" Il importe avant tout de se sentir bien dans sa peau. Si l'on réfléchit trop, on se met à douter et on ne fait pas à 100 % ce que l'on veut faire. Il faut se fier à son instinct plutôt qu'à la réflexion. Cela me réussit. Avec mon psychologue sportif, je m'entraîne, quand je joue, à éliminer de ma tête tout ce qui a trait à autre chose. "

Tom Boon: "Il faut se fier à son instinct"

PLUTOT 'NICE' QUE 'TWICE'

Vous habitez tantôt à Bruxelles pour l'équipe nationale et tantôt à Amsterdam pour le HC Bloemendaal. Votre vie de sportif de haut niveau est-elle compatible avec une vie privée ?

" Je ne dispose pas de beaucoup de temps libre, mais je trouve passionnant de vivre de la sorte. Je vis actuellement seul. J'ai entretenu une relation au cours des dernières années et ce n'était pas facile. Je n'imagine actuellement pas d'avoir des enfants. Je n'en aurais pas le temps. "

Êtes-vous un fashion man, un de ces hommes que l'on ne peut pas arracher des boutiques ?

" Pas vraiment. Je reçois évidemment pas mal d'articles de mes sponsors, comme Raidillon. Nous collaborons avec de nombreuses entreprises dans divers domaines : les vêtements, les voitures, etc. Il ne m'est donc pas nécessaire de faire des courses. Quand je fais des achats, j'opte immanquablement pour la meilleure qualité. Les Anglais disent: " Buy it nice or buy it twice ". Je souscris à la première approche. "

Pourquoi vous êtes-vous aligné parmi les candidats au titre d'ambassadeur de Raidillon ?

" En tant que sportif belge de haut niveau, je trouve agréable de travailler avec une entreprise belge. La qualité de ses montres est excellente et cette marque me convient. "

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