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Meilleur en tout

16/11/16 à 19:20 - Mise à jour à 17/11/16 à 15:52

Pour quel " guerrier " moderne Rituals a-t-il créé la Samurai Collection? Pour Stephen Butler, par exemple. Un nom réputé dans le monde du hockey - comme joueur d'abord, comme CEO d'Osaka Hockey ensuite - qui adhère totalement au mode de vie du samouraï. " Même en cas d'échec, il reste possible d'apprécier le parcours accompli. "

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Depuis toujours, les samouraïs ont toujours attaché de l'importance à leur apparence. © Rituals

Etre meilleur que les autres en tout. Tel est l'objectif plus qu'ambitieux du samouraï. Ce guerrier d'élite pratique le waza, l'art transmis par le maître à son élève pour l'aider à surpasser ses congénères en force et en sagesse. Pour ce faire, le samouraï développe son esprit et s'entraîne aux arts martiaux (budo). Le Japon a vécu en état de guerre quasi jusqu'en 1191. Sous l'influence du bouddhisme zen, les techniques de guerre se sont peu à peu muées en véhicules de progrès spirituel et les guerriers ont ainsi emprunté la voie de la sagesse.

Apparu à l'époque Edo (1603-1868), le bushido est le code d'honneur des samouraïs, basé sur des qualités physiques et morales telles que le courage, la simplicité, la loyauté, le désintéressement et le mépris de la mort. Les samouraïs ont peu à peu été appelés à jouer un rôle social. En 1710, Yamamoto Tsunetomo, samouraï et bibliothécaire, s'est attelé à l'écriture de l'oeuvre de sa vie: le Hagakure - la voie du samouraï. L'homme déplorait la disparition des traditions de l'époque où les samouraïs étaient de vrais guerriers et où l'épée n'était pas un simple symbole de statut, observant que ses contemporains avaient oublié, en cette ère de paix durable et de surabondance matérielle, le stoïcisme des héros des temps jadis. En consignant par écrit dans son Hagakure la riche culture des samouraïs, il a tenté d'insuffler une nouvelle vie au bushido.

VIVRE LE MOMENT PRÉSENT

Sachant que la dimension spirituelle prévaut aujourd'hui sur l'esprit guerrier, qui pourrait encore être qualifié de samouraï moderne? Stephen Butler? Son entreprise s'appelle Osaka Hockey et cela ne relève pas du hasard. " La culture japonaise m'a toujours attiré. De plus, l'écriture se prête à merveille à un design esthétique. Nous avons d'ailleurs envisagé de créer un "stick samouraï". "

S'il n'est pas un expert en sports de combat, ce sportif de haut niveau - il a joué dans l'équipe de hockey nationale d'Irlande, son pays d'origine, et de Belgique - se reconnaît toutefois dans l'esprit de compétition du samouraï. " C'est lui qui, combiné à l'esprit d'équipe, m'a permis de me hisser au plus haut niveau dès mon plus jeune âge. L'engagement et le dévouement des hockeyeurs de haut niveau sont sans pareil. J'aime me fixer des objectifs. Dans le sport, plus on s'investit, plus on a de chance de réussir. Autrement dit, il n'y a pas de résultats possibles sans efforts. "

A l'instar des guerriers japonais, Stephen Butler pense que l'esprit doit être exercé, au même titre que le corps. " Tant dans la compétition sportive, comme hier, qu'avec Osaka Hockey aujourd'hui, je dois être constamment sur la touche. Et cela n'est possible qu'en ayant les idées claires. Le monde évolue tellement rapidement que le défi est permanent. Sans un esprit affûté, il est difficile de rester dans le mouvement. "

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Dans les anciens arts martiaux, l'esprit décidait de l'attaque et la technique et le corps suivaient.

Yamamoto Tsunetomo a écrit que la pleine conscience de l'instant présent est essentielle. Dans les anciens arts martiaux japonais, un mouvement unique et précis était suffisant pour donner la mort. L'esprit décidait de l'attaque, la technique et le corps suivaient. Selon les enseignements du samouraï, intuition et action doivent coïncider. Il faut avoir évalué correctement toutes les situations possibles pour pouvoir réagir de façon adéquate, à l'instant de vérité.

La concentration intense et l'importance de vivre le moment présent sont deux notions que Stephen Butler connaît bien. " Pour le jeune hockeyeur, la concentration extrême est ce qu'il y a de plus important à apprendre. Elle est la condition sine qua non pour être performant. Durant un match, j'obtenais le résultat escompté lorsque mes réactions spontanées étaient les bonnes. Le jeu est tellement rapide que l'on n'a pas le temps de réfléchir. Il faut faire confiance à son instinct. Ce sont ces décisions prises en une fraction de seconde qui font du hockey un sport passionnant. "

Stephen Butler, une légende dans le monde du hockey.

Stephen Butler, une légende dans le monde du hockey. © Rituals

L'" esthétique de la mort " du samouraï, un reliquat de la période Kamakura (1185-1333) n'est pas sans lien: le fait d'être prêt à mourir permet de vivre plus intensément le présent. Stephen Butler ne pense pas suffisamment à la mort pour pouvoir en parler sensément - " je suis encore trop jeune " - pas plus qu'il ne se considère comme un spécialiste de la spiritualité. Mais il aspire à atteindre la sagesse. " Je lis beaucoup de livres consacrés au commerce car je tiens à progresser constamment. J'ai beaucoup appris de celui de Verne Harnish, Scaling Up, qui explique comment un CEO peut bloquer sa propre entreprise en ne faisant pas suffisamment confiance à ses collaborateurs et en ne déléguant pas assez. Osaka Hockey est en pleine expansion et la charge de travail devient trop importante. Si je ne confie pas une part de responsabilité à mes collaborateurs, je risque de mettre la croissance de l'entreprise en péril. La tentation est grande de la considérer comme son bébé et de la surprotéger. Autre livre intéressant: Who Moved My Cheese? de Spencer Johnson, que j'ai partagé avec mes collaborateurs car il suscite une réflexion sur la meilleure façon d'aborder le changement. "

LA VOLONTÉ VISIBLE

Depuis toujours, les samouraïs ont toujours attaché de l'importance à leur apparence. Ils se préparaient au combat en suivant des rituels très précis. L'objectif étant d'afficher force, contrôle et confiance en soi. " Je ne suis pas particulièrement coquet mais il me semble important de prendre soin de son corps, que l'on soit un homme ou une femme. Cela fait partie de ma routine du matin. Une manière agréable de préparer une nouvelle journée. Un rituel bienfaisant qui permet d'être prêt à aborder les défis quotidiens. Plus je vieillis, plus j'attache de l'importance aux soins du corps. "

Yamamoto Tsunetomo dénonçait le déclin de la masculinité chez ses contemporains, observant aussi avec mépris celui du sens de l'effort chez les jeunes hommes et se désolant de leur manque de volonté et de courage. La bravoure était l'un des principes fondamentaux du samouraï. " La force de volonté dégage une beauté extérieure. " Un point de vue auquel Stephen Butler adhère entièrement. " Il faut oser prendre des risques. Lorsque j'ai créé mon entreprise, beaucoup ont tenté de me décourager mais j'y croyais fermement. J'étais certain d'avoir trouvé une niche. Il manquait sur le marché une marque de sticks et de vêtements de hockey. Je ne crains pas de passer à la vitesse supérieure et de me frotter à la concurrence de grandes marques. La peur de l'échec, je ne connais pas. Si cela tourne mal - ce que je ne crois absolument pas - je n'éprouverai aucun regret car je sais que j'aurai tout fait pour que cela fonctionne. Et j'apprécierai le parcours accompli. "

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On ne peut accorder sa confiance à quelqu'un qui n'a jamais commis d'erreurs. Et l'on se prémunit de l'échec par la beinveillance.

Selon Stephen Butler, il y a toujours des leçons à tirer de ses erreurs. Yamamoto Tsunetomo ne le contredirait pas, lui qui écrivait: " On ne peut accorder sa confiance à celui qui n'a jamais commis d'erreurs ". Il existe, du reste, une façon de se prémunir de l'échec - un autre principe fondamental du samouraï: la bienveillance. Pour Stephen Butler, il est essentiel d'en faire preuve à l'égard de ses fans, de ses partenaires commerciaux et de ses collaborateurs. " Les collaborateurs constituent le capital de l'entreprise. Il faut les traiter avec soin. Teamwork makes the dream work. "

LE SALUT PAR LA SÉRÉNITÉ

L'assiduité et la loyauté sont deux autres principes du code de conduite éthique du guerrier japonais qu'apprécie Stephen Butler. " Je suis extrêmement loyal. Je n'ai joué que pour deux clubs de hockey - Glennane en Irlande et les Royal Dragons en Belgique. J'ai refusé plusieurs offres d'autres clubs. Ces valeurs, mes parents me les ont inculquées très tôt. Mon père a toujours insisté sur le fait que j'achève ce que j'avais commencé. Ainsi, bien que je n'aie pas vraiment été convaincu d'avoir fait le bon choix en matière d'études - informatique & business -, je n'ai jamais envisagé d'arrêter. Avec le recul, je suis content de les avoir achevées, même si je n'ai jamais travaillé dans l'informatique. "

Le code de conduite du parfait samouraï prône également l'intégrité, autre qualité très appréciée par Stephen Butler. " Le hockey est l'un des sports les plus intègres. Peut-on encore parler d'esprit sportif en football, étant donné les enjeux financiers actuels? En hockey, le coéquipier que l'on a à ses côtés se trouve là non pas parce qu'il est grassement payé mais parce qu'il le veut. Ceci explique pourquoi les Red Lions sont si populaires et pourquoi 1,5 million de téléspectateurs ont suivi la finale de hockey des JO de Rio. "

Et l'équanimité et l'impassibilité, essentielles pour le samouraï, valent également pour le hockeyeur. " Lorsqu'on joue au plus haut niveau, il est parfois des situations où l'on peut se laisser facilement emporter. L'équanimité est la qualité sur laquelle le coach insiste le plus. Il n'est pas évident de toujours garder son calme. Surtout à l'approche d'un match important. Je me suis efforcé d'acquérir cette qualité dans ma jeunesse et elle m'est aujourd'hui très utile dans ma vie de chef d'entreprise. "

www.rituals.com

TEXTE PETER VAN DYCK

STEPHEN BUTLER, la biographie

Originaire de Dublin (Irlande), né dans une grande famille de hockeyeurs, Stephen Butler avait à peine 3 ans lorsqu'il a fait ses débuts sur un terrain de hockey. En 12 ans, il a totalisé 163 sélections dans l'équipe nationale d'Irlande. Arrivé en Belgique en 2002 pour intégrer l'équipe de hockey professionnelle KHC Dragons (Brasschaat), il y fait la connaissance de sa future femme. En 2005, le couple s'établit en Irlande où il poursuit sa carrière de hockeyeur de haut niveau dans le club de Glenanne, dont son père est président, tout en travaillant comme directeur des ventes, notamment pour Callaway Golf. En 2010, le couple s'installe définitivement à Anvers. Un point de chute idéal pour l'entreprise que Stephen Butler rêvait de créer: Osaka Hockey (sticks et vêtements de hockey). Une aventure dans laquelle il s'est lancé en 2011 avec Franck Boschman. Il est père d'un petit garçon de 2 ans et demi.

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