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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

02/02/10 à 10:37 - Mise à jour à 10:37

Spéculation : la Grèce n'avait vraiment pas besoin de cela...

Le gouvernement grec veut se racheter une conduite en montrant sa volonté de redresser la barre. Manque de pot, voilà que la Grèce est victime d'une spéculation sur sa dette publique !

Spéculation : la Grèce n'avait vraiment pas besoin de cela...

© Thinkstock

Les Grecs n'ont pas de chance. Montrés du doigt par la Commission européenne, ils sont régulièrement épinglés par la presse financière anglo-saxonne, sans oublier les leçons de morale données par un pays comme l'Allemagne. Bref, depuis que la Grèce a avoué que ses gouvernements successifs avaient traficoté les statistiques publiques, le pays a perdu la confiance des marchés financiers. Cerise sur le gâteau, l'euro a, du coup, baissé face au dollar.

Depuis cet aveu public, le gouvernement hellène, qui tente de ne plus apparaître comme le maillon faible de l'Europe, veut se racheter une conduite en montrant sa volonté de redresser la barre. Manque de pot, voilà que la Grèce est victime d'une spéculation sur sa dette publique ! Avouez qu'elle n'avait vraiment pas besoin de cela...

La spéculation a eu lieu voici quelques jours et de bien étrange manière. Avant le démarrage de cette spéculation, la Grèce avait réussi à caser un gros emprunt public sur les marchés financiers. Autrement dit, malgré les critiques qui pèsent encore sur les finances publiques grecques, les marchés financiers ont accepté de financer cette dette publique en achetant massivement cet emprunt de cinq ans.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : les marchés financiers ont accepté de financer la Grèce - ce qui est une bonne nouvelle - mais uniquement parce qu'elle paie un peu plus de 6 % d'intérêt pour caser sa dette publique. En clair, les Grecs doivent donner quasiment 3 % d'intérêt de plus que les Allemands pour placer leur emprunt. Bien entendu, cette différence d'intérêt est justifiée par le fait que la Grèce est jugée moins solvable que l'Allemagne, qui demeure la référence ultime.

L'emprunt souscrit, tout va-t-il pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Oui, à ceci près que, juste après cette opération, la dette publique grecque a été attaquée sur les marchés financiers ! Un article du Financial Times a mis le feu au poudre en affirmant que la Grèce allait - en catimini - chercher à se financer auprès de la Chine pour 25 milliards d'euros supplémentaires. La Grèce a démenti mais le mal était fait : les craintes sur son insolvabilité potentielle étaient relancées.

Après vérification, il semblerait que la Grèce soit d'abord victime d'une spéculation. Certains petits malins veulent faire pression sur le pays pour qu'il offre un taux d'intérêt encore plus juteux lorsqu'il lancera son prochain emprunt, prévu pour le présent mois de février. Alors que beaucoup d'épargnants se débattent pour avoir péniblement un peu plus que 2 % de rendement, certains petits malins semblent avoir trouvé un filon pour gagner trois fois plus. Quitte à mettre en péril tout un pays.

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