Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

16/04/13 à 10:09 - Mise à jour à 10:09

Secret bancaire: pourquoi l'Autriche fait de la résistance?

J'en parlais hier encore, dans cette course à la transparence, et donc à la levée du secret bancaire en Europe, il y a un pays qui résiste et qui refuse de transmettre les données bancaires en sa possession aux fiscs étrangers : c'est l'Autriche.

Mes confrères du magazine L'Expansion pensent que l'Autriche n'a pas d'autre choix, et cela pour 5 raisons.

Tout d'abord, parce que l'Autriche est en pleine année électorale. Et donc, aucun membre du gouvernement de coalition entre la droite et la gauche ne peut se permettre de donner l'impression de céder au "diktat" des autres pays européens et en particulier de la France.

Deuxièmement, le secret bancaire est inscrit dans la constitution autrichienne ! Et donc, toute modification nécessiterait un lourd travail au parlement, où l'extrême-droite a un pouvoir de blocage... Ce qui pour le coup arrange tout le monde.

Troisième argument, et non des moindres, un sixième de l'argent placé en Autriche appartient à des étrangers ! Le chiffre exact est de 52 milliards d'euros, c'est pas rien ! Et comme le dit le magazine L'Expansion, "l'Autriche est devenue le coffre-fort des fraudeurs allemands, mais aussi de certains oligarques russes ultra-puissants". Là encore, en cas de demande de coopération judiciaire, l'Autriche ne veut pas devoir tout déballer.

Et puis quatrième argument, encore plus original, Vienne reste une ville d'espions. Eh oui, il semble que le secret bancaire y maintient d'importantes activités de renseignement, avec des retombées économiques substantielles. Surtout depuis la chute de la concurrence chypriote.

Mais l'argument suprême que compte utiliser l'Autriche, c'est la bombe fumigène. En d'autres mots, détourner l'attention, actuellement focalisée sur elle, en plaçant les projecteurs médiatiques sur les autres places offshores européennes, comme les îles anglo-normandes et Monaco. Au fond, ce que fait l'Autriche, c'est gagner du temps et miser sur le fait que tout ce ramdam médiatique, autour des paradis fiscaux, va finalement retomber comme un soufflé et, en attendant, sa devise, est : détournons l'attention et faisons le gros dos.

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