Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

03/12/12 à 09:45 - Mise à jour à 09:45

Sale temps pour Groupon

C'est un sale temps pour Groupon ! Le site des "bonnes affaires" a en effet entamé une descente aux enfers en Bourse. Groupon a vu son action passer de 20 dollars à environ 4 dollars la semaine dernière. Et tout cela en moins d'un an !

Pour comprendre cette descente aux enfers, il faut d'abord rappeler le modèle économique de Groupon : ce site propose à ses clients - vous et moi donc - des réductions spectaculaires sur des services et/ou des produits, négociés auprès de commerçants auxquels ils reversent une part de leurs revenus.

L'idée de départ était géniale et Groupon a connu une croissance spectaculaire, au point que son patron a refusé deux offres de rachat de la part de Google, la première pour 6 milliards et la deuxième pour 10 milliards de dollars !

Il doit s'en mordre les doigts aujourd'hui car le cours de l'action Groupon a perdu 80% de sa valeur depuis son introduction en Bourse en novembre 2011. Alors, justement, pourquoi cette perte de valeur en Bourse ? Parce que les investisseurs doutent de la viabilité de son modèle économique , un modèle qui l'oblige, pour augmenter sa base d'abonnés, à proposer sans cesse de nouvelles affaires et donc à multiplier les recrutements de commerciaux, ce qui coûte beaucoup d'argent en ressources humaines.

De plus, Groupon se dit aussi victime de la crise en Europe, ce qui est étonnant car son modèle était considéré comme un modèle uniquement pour période de crise ! L'autre raison de cette perte de vitesse de Groupon, c'est que la société a de plus en plus de concurrents. Et plus inquiétant encore : pas mal de commerçants ne sont tout simplement pas satisfaits. Selon une étude du courtier Raymond James, 39 % des commerçants ayant proposé un coupon de réduction n'entendent pas renouveler l'expérience au cours des deux prochaines années. La raison ? Primo, à cause des commissions importantes prélevées par Groupon et secundo, en raison du très faible taux de fidélisation des clients. Sans oublier que le revenu moyen généré par les personnes inscrites sur Groupon a reculé : il est passé de 76 dollars l'an dernier à 64 dollars cette année. Et voilà, en résumé, pourquoi Groupon a moins la cote aujourd'hui.

Nos partenaires