Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

02/12/13 à 07:31 - Mise à jour à 07:30

Ryanair à Zaventem: bonne ou mauvaise nouvelle?

La compagnie aérienne irlandaise Ryanair a encore fait parler d'elle. C'est vrai qu'elle a surpris tout le monde en annonçant qu'elle ouvrira en février dix nouvelles destinations, non pas au départ de l'aéroport de Charleroi, comme nous y étions habitués, mais au départ de l'aéroport de Bruxelles-National!

Ce qui est amusant, c'est que ce sont les mêmes ministres wallons, qui étaient prêts à la taxer pour équilibrer les finances régionales, qui sont montés au créneau médiatique pour dénoncer cette nouvelle initiative de Ryanair. En réalité, une fois passé l'émotion, quels sont véritablement les enjeux de cette présence de Ryanair à l'aéroport de Zaventem ?

Patrick Anspach, l'un des meilleurs journalistes et connaisseur du monde de l'aviation en Belgique en tire quelques conclusions dans les colonnes de nos confrères de l'Echo.

Très clairement, la première victime ou cible de Ryanair, c'est la compagnie à bas coûts Vueling qui vole au départ de Bruxelles vers des destinations desservies par Ryanair. Mais Vueling n'est pas la seule cible de Ryanair... Brussels Airlines est également dans son collimateur avec ses vols vers Alicante et Malaga, deux destinations que va donc aussi desservir Ryanair mais au départ de Bruxelles cette fois ! Le choc risque d'être rude...
Mais il le sera également pour des compagnies comme Jetairfly, voire même pour Alitalia sur des vols vers Venise ou Rome, sans compter que la compagnie aérienne portugaise TAP ne sera pas épargnée sur des destinations comme Lisbonne et Porto !

Bref, plusieurs compagnies sont visées, mais sans doute que la plus fragilisée par cette arrivée de Ryanair à Bruxelles, c'est Brussels Airlines, surtout si Ryanair y enregistre un succès et décide de développer encore plus son réseau européen au départ de Zaventem !

Et quid de l'aéroport de Charleroi, direz-vous ? Soyons francs, ce n'est pas la meilleure nouvelle, mais sous l'impulsion de son dynamique directeur, Jean-Jacques Cloquet, l'aéroport de Charleroi avait déjà anticipé ce mauvais coup. Sur la base de simulations qui avaient été réalisées avant l'annonce de Ryanair, il semblerait que l'aéroport de Charleroi perdrait sans doute entre 300 et 500.000 passagers à Charleroi ! C'est pas sympa, mais ce n'est pas mortel non plus, car il ne faut pas oublier que les redevances sur l'aéroport de Bruxelles sont nettement plus élevées, et donc le prix du billet devrait rester plus bas à Charleroi qu'à Bruxelles. C'est une raison de plus pour que l'aéroport de Charleroi se diversifie et ne dépende plus à 80% comme c'est le cas actuellement de Ryanair. Au final c'est un signal positif pour toutes les autres compagnies intéressées par Charleroi et un signal d'encouragement pour que les politiques wallons continuent à prodiguer leur attention à ce fleuron économique wallon qu'est l'aéroport de Charleroi.

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