Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

27/02/14 à 12:23 - Mise à jour à 12:23

Renault a sous-estimé la profondeur de la crise

Carlos Ghosn, le patron du groupe Renault-Nissan est en campagne électorale. D'abord parce que son mandat s'achève en avril prochain et qu'il espère rempiler à la tête du constructeur automobile. Ensuite, parce qu'il vient de dévoiler les chiffres de Renault. Autrement dit, c'est aussi l'occasion pour ce patron emblématique de dévoiler ses projets pour les 3 années à venir.

Premier constat : Renault a sous-estimé la profondeur de la crise. Et cela se voit à un seul chiffre : la firme française a vendu 2,6 millions de voitures en 2013 alors qu'elle espérait en vendre 3 millions. Pari perdu donc, mais à cause de la crise et aussi étonnant que cela puisse paraître à cause de l'embargo international sur l'Iran, car ce marché a littéralement disparu, pour reprendre les termes de Carolos Ghosn, et a privé le groupe de 100.000 ventes en 2013.

Deuxième constat : le patron de Renault refuse de voir son groupe être catalogué de groupe low cost, même s'il faut bien reconnaitre que le succès de la Logan et du Duster est pour beaucoup dans la bonne santé financière de Renault. Les voitures dites "entrée de gamme" représentent tout de même 41% des 2,6 millions de voitures vendues mondialement par le groupe Renault. La Duster a surtout du succès dans des pays comme le Brésil ou la Russie, des pays où ce genre de voiture n'est pas considérée comme low cost, mais comme un véhicule de milieu de gamme !

Troisième constat : Renault a perdu l'image du haut de gamme, celle du créneau "premium". La cause première, c'est à nouveau la crise, crise qui a forcé Renault à faire le dos rond, en attendant que la tornade économique se calme. Et donc si le groupe a pendant ce temps-là accéléré - avec succès - son offre low cost, Renault a dû également différer le développement de son offre premium. Or, c'est aussi sur ce terrain-là, que le constructeur français est attendu car des modèles comme l'Avantime, la Vel Satis et ensuite la Laguna n'ont pas connu de véritable succès pour dire les choses poliment !

Le marché est en attente de nouveaux modèles sur ce créneau premium, des modèles qui devraient voir le jour d'ici 2016-2017. En s'appuyant sur son alliance avec Nissan pour réduire les coûts, mais également en s'inspirant d'un nouveau design, Renault espère donc d'ici 3 ans gagner la bataille de l'image qu'elle a pour le moment perdu sur le créneau du premium.

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