Camille van Vyve
Camille van Vyve
Rédactrice en chef adjointe de Trends-Tendances.
Opinion

10/07/13 à 13:27 - Mise à jour à 13:27

Réac' un jour, réac' toujours?

Depuis quelques semaines, on ne l'entendait plus. Même l'abdication du roi de l'avait pas fait moufeter. Mais au lendemain de l'annonce d'un accord final sur la réforme de l'Etat, Bart De Wever est bien obligé de se positionner.

Et il n'allait pas applaudir des deux mains. Monsieur à une réputation de réactionnaire à tenir. Mais jusqu'où tiendra-t-elle ? Son isolement continuera-t-il à le servir, ou finira-t-il au contraire par le marginaliser jusqu'au ridicule ? Si, à en croire les sondages, la balance continue de pencher fortement en faveur de la première option, la seconde mérite d'être analysée.

Car cette fois-ci, force est de constater que le propos du leader de la NV-A fait quelque peu sourire. Cette sixième réforme de l'Etat, ce n'est qu' "une grosse opération d'assainissement renvoyée à la Flandre", dixit De Wever. Mais oui : l'accord de gouvernement du 1er décembre 2011, qui constituait presque une victoire pour la NV-A, (même si elle n'en faisait pas partie, de ce gouvernement), prévoyait précisément un transfert de compétences du fédéral vers les Régions et Communautés de l'ordre de 17 milliards d'euros, une autonomie fiscale pour les Régions de 10 milliards d'euros et une réforme de la loi spéciale de financement pour plus d'autonomie, d'efficacité et de responsabilisation des Régions et des Communautés. Je répète : plus d'autonomie et de res-pon-sa-bi-li-sa-tion.

Et bien il est maintenant temps de les prendre, ces responsabilités ! Les finances publiques sont au plus mal, le chômage ne cesse d'augmenter, la menace du vieillissement guette, en particulier la Flandre : qu'elle assume sa part du boulot. Comme Bruxelles et la Wallonie assumeront les leurs, à la demande pressante du Nord du pays.

En tapant une fois de plus sur le gouvernement Di Rupo, qui vient tout de même de boucler le budget 2013 et une bonne partie de celui de 2014, de trouver un accord sur l'épineux dossier de l'harmonisation des statuts ouvriers-employés, et de finaliser la réforme de l'Etat tant attendue, Bart De Wever oublie la stratégie pourtant éprouvée par les plus grands leaders de l'Histoire : c'est en glorifiant ses ennemis que sa propre victoire prend du panache.

Si Bart De Wever préfère dénigrer ses ennemis, qu'il le fasse. Mais en cas de victoire en 2014, qui mènerait probablement à des négociations sur le fameux article 35 de la Constitution en vue d'une indépendance totale des Régions, qu'il ne s'étonne alors pas qu'elle en manque, de panache. Et cela pourrait le cas échéant lui coûter cher.

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