Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

05/04/13 à 10:02 - Mise à jour à 10:02

Que représente l'évasion fiscale dans le monde?

Après Wikileaks, c'est autour de l'Offshore leaks. Tous les médias en parlent depuis ce jeudi. En effet, un consortium international de journalistes d'investigation, je ne savais même pas que cela existait, a communiqué à différents journaux de par le monde, dont Le Soir en Belgique, 200 gigabites de données sur des comptes détenus par des entreprises et des particuliers dans des paradis fiscaux.

En Belgique, ceux qui ont été attirés par la partie payante du site du Soir afin de savoir quels sont les Belges qui ont fraudé, en auront été pour leurs frais, vu qu'ils n'y ont trouvé que des initiales et pas des noms complets. Il est vrai qu'on parle beaucoup de diamantaires anversois d'origine indienne, de certains conseillers, mais à première vue, il n'y a pas dans cette liste le nom d'un homme politique ou d'un grand patron !

Mais, la vraie question que suscite tout ce déballage est la suivante: "que représente l'évasion fiscale dans le monde"? Selon le FMI, les fonds concernés se monteraient à 5.500 milliards d'euros, soit près de trois fois le PIB de la France. Il semblerait également que 50% des transactions mondiales transiteraient par des paradis fiscaux, qui compteraient 4000 banques et 2 millions de sociétés-écrans.

Mais pour l'ONG Tax Justice Network, les sommes en jeu seraient encore plus importantes, atteignant jusqu'à 25 000 milliards d'euros, soit le PIB des Etats-Unis plus celui du Japon, ou 10 fois celui de la France. Cela représente un tiers des ressources financières mondiales, et une somme qui pourrait générer entre 148 et 218 milliards d'euros de recettes fiscales par an dans les caisses des états du monde entier.

L'économiste James Henry a calculé que, si une dizaine de millions de personnes ont placé des biens dans les paradis fiscaux, la moitié des sommes, soit à peu près 8000 milliards d'euros, était entre les mains d'un tout petit nombre de 92 000 "super riches", soit 0.001% de la population mondiale. Et pendant ce temps-là, les citoyens ordinaires des pays endettés doivent payer les pots cassés de l'austérité. Cherchez l'erreur!

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