Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

04/09/12 à 09:52 - Mise à jour à 09:52

Quand Unilever s'adapte au retour de la pauvreté en Europe

"La pauvreté revient en Europe". C'est le triste constat que Jan Zijdervel, le directeur d'Unilever pour l'Europe vient de faire publiquement. Si vous ne connaissez pas Unilever, sachez que c'est tout simplement l'un des deux géants mondiaux de l'agroalimentaire et des cosmétiques. Pour vous donner une idée, environ deux milliards d'êtres humains utilisent un des 400 produits Unilever sans même le savoir. Je pense à des marques comme Lipton, Knorr, Dove, Axe, Coral ou encore Zwan.

Le retour de la pauvreté en Europe se traduit par le fait qu'Unilever a commencé à vendre en Espagne de plus petits paquets de lessive permettant de ne faire que... cinq machines. Unilever se pose aussi la question des emballages pour les pays du sud de l'Europe où les yaourts, par exemple, commencent à s'acheter à l'unité.

Donc, pour tenir compte de la baisse du pouvoir d'achat dans le sud de l'Europe, Unilever compte aussi s'inspirer de ce qu'elle a déjà réalisé en Asie, en réduisant notamment la taille des conditionnements, ce qui devrait rendre les produits meilleur marché. En Indonésie par exemple, la firme vend des échantillons individuels de shampoing pour deux ou trois centimes pièce.

Pourtant Unilever gagne de l'argent. Comme le faisait remarquer le directeur Europe d'Unilever, "si un Espagnol ne dépense plus en moyenne que 17 euros quand il fait ses courses, je ne vais pas lui proposer un paquet de lessive qui coûte la moitié de son budget". Avec ce genre de déclaration, les firmes multinationales montrent qu'elles ont bien compris que la zone euro a beau avoir la même monnaie, elle est aujourd'hui clairement divisée en deux. Et les plus pauvres sont clairement au sud.

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