Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

31/08/10 à 10:55 - Mise à jour à 10:55

Quand les syndicats sont d'accord avec le patronat...

La rentrée sociale risque d'être chaude, à lire les propos dans le journal Le Soir de la secrétaire générale de la FGTB.

La rentrée sociale risque d'être chaude, à lire les propos dans le journal Le Soir de la secrétaire générale de la FGTB. Le danger qui lui fait le plus peur, à elle comme à ses camarades flamands, c'est la présence de la N-VA dans le futur gouvernement.

Au-delà du programme institutionnel, ce que remarquent la plupart des observateurs, c'est que la N-VA a un programme économique extrêmement libéral. La FGTB craint donc de voir les travailleurs, dont les trois quarts gagnent moins de 1.600 euros net par mois, être les nouvelles victimes de l'équilibre budgétaire. Et pour cause : le gouvernement doit trouver 25 milliards d'euros en quelques années pour combler le déficit budgétaire !

C'est dans la manière de combler ce trou que les syndicats et le patronat diffèrent. Pour le patronat, 80 % des efforts doivent venir de la baisse des dépenses publiques. Notre pays occuperait 70.000 fonctionnaires en trop par rapport à nos voisins français, néerlandais et allemands, des voisins qui, pourtant, ont un modèle social comparable au nôtre. Le patronat préconise non pas de virer ces 70.000 fonctionnaires, mais de ne remplacer que partiellement les presque 200.000 fonctionnaires qui partiront à la retraite entre 2010 et 2020.

Aux yeux de la FGTB, c'est plutôt du côté de la fraude fiscale que le gouvernement devrait porter ses efforts. Une étude de l'ULB, commandée par la FGTB, évalue cette fraude entre 15 milliards et 20 milliards d'euros. Une meilleure lutte contre cette fraude serait à même, selon la FGTB, de réduire notre déficit public.

Je pourrais multiplier à l'envi les différences entre les syndicats et le patronat en cette veille de rentrée sociale et scolaire. Le plus étonnant et le plus intéressant, cependant, est d'observer les points d'accord entre eux. Car il y en a !

Patrons et syndicats sont sur la même longueur d'onde pour augmenter les précomptes mobiliers sur les actions, ce qu'on pourrait appeler "l'impôt sur la fortune". Ils sont également d'accord pour réviser les revenus cadastraux à la hausse, ce qui ne fera pas plaisir aux propriétaires.

Un autre constat les rassemble : l'impôt des personnes physique est à son maximum. En Belgique, on atteint un taux marginal de 45 % dès 20.000 euros de revenus par an. En France, ce niveau est atteint à partir de 50.000 euros. Tout est dit avec ces chiffres.

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