Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

09/09/13 à 13:55 - Mise à jour à 13:55

Quand la tête est frappée, il est rare que le reste du corps reste indemne

C'est ce que découvrent plusieurs directeurs généraux d'entreprises publiques comme la SNCB ou de bPost. A la demande du gouvernement, le salaire des dirigeants de ces entreprises sera limité à 290.000 euros bruts par an. Bien entendu, si le patron ne peut plus gagner une somme supérieure à ce montant-là, il serait normal que les directeurs généraux de ces entreprises-là ne puissent pas gagner plus que leurs propres patrons...

Comme la presse l'a remarqué, il suffit de regarder les bilans de ces sociétés ou d'avoir quelques informateurs en interne, pour comprendre que cela va grogner à la tête de ces entreprises publiques. Du côté du groupe SNCB, par exemple, il y a aujourd'hui 10 directeurs généraux et visiblement (selon le journal L'Echo), tous ces directeurs généraux gagnent plus que 290.000 euros ! Autrement dit, plus que leur futur patron !

En clair, ils vont tous devoir se faire hara-kiri et accepter une baisse de leur salaire. Mais bien entendu, cela prendra du temps, et cela en fonction du libellé de leur contrat de travail. Donc, on pourrait se retrouver dans une situation temporaire, où le patron d'une entreprise publique gagne momentanément moins que son directeur financier.

Cette situation bizarre dans laquelle des directeurs généraux gagnent plus que le nouveau plafond imposé à leur patron n'est pas propre à la SNCB. C'est également le cas, par exemple, pour La Poste.

Ce qui est étonnant dans toute cette histoire, c'est qu'en principe l'Etat ne peut pas imposer ce genre de baisse salariale, dans le sens où ces entreprises sont supposées être autonomes et donc, ce serait à leur conseil d'administration de décider de la rémunération des cadres dirigeants.
Mais bon, la volonté politique de plafonner les salaires est plus forte que ce genre de considération, surtout en période de crise, période durant laquelle, l'opinion publique est très sensible aux inégalités salariales.
Dans cette histoire de salaire, le gouvernement va assez loin dans sa volonté de "moraliser" davantage les salaires des top managers de la fonction publique : il demande également aux managers qui sont recasés de renoncer à leurs indemnités de départ, ce qui est en soi logique. Sauf quand celui qui est recasé perd plus de 50% de son salaire et se retrouve à un poste moins prestigieux... Il n'est pas certain qu'il va lâcher son indemnité de départ.

Les tensions entre le ministre des entreprises publiques et certains CEOS d'entreprises publiques ne fait que commencer. Reste à voir si cette modération salariale forcée dans le secteur public va aussi se propager au privé, ou si l'écart salarial entre le privé et le public va se creuser !

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