Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

11/03/13 à 09:34 - Mise à jour à 09:34

Quand la solidarité familiale sauve les Espagnols

Les Espagnols ont encore défilé ce dimanche dans les rues de Madrid. C'est hélas devenu une habitude. Ce qui étonne dans ce énième défilé, c'est que les Espagnols restent globalement pacifiques. Il y a bien entendu des confrontations régulières avec les forces de l'ordre, mais globalement, le pays n'est pas à feu et à sang.

Cela étonne, car le chômage qui touche tout de même 26% de la population et sans doute le double pour les jeunes, ce taux de chômage ahurissant n'a pas encore provoqué la révolution sociale !

La question s'est effectivement reposée cette semaine quand les autorités ont annoncé que le nombre officiel de chômeurs s'élevait à un peu plus de 5 millions de personnes ! D'autres chiffres - forcément non officiels - font même état d'un nombre de chômeurs de 6 millions. Malgré cela, ce n'est pas la révolution !

Le Figaro a essayé de comprendre ce paradoxe et la réponse tient d'abord à la solidarité familiale. Aujourd'hui en Espagne, la première assurance-chômage, c'est la famille. Pour les uns, ce sont des parents qui aménagent une chambre pour leur fils sans emploi, pour les autres, ce sont les parents retraités qui partagent leur maigre pension avec leurs enfants ou c'est un couple qui ne divorce pas parce qu'ils ne peuvent pas se permettre de vivre isolément !

La deuxième explication au stoïcisme des Espagnols, c'est le marché noir. Selon certaines estimations, le marché noir représenterait aujourd'hui 23% du PIB espagnol. Ce sont donc ces deux éléments - solidarité familiale et travail au noir - qui expliquent pourquoi il n'y a pas - ou pas encore - de révolte sociale malgré la souffrance liée au chômage.

D'autres diront qu'il faut sans doute encore ajouter un 3e élément pour justifier le pacifisme des Espagnols : c'est l'émigration. En effet, plus de 400.000 Espagnols ont déjà quitté leur pays pour tenter leur chance ailleurs. Beaucoup d'entre eux partent en Amérique du Sud, vers leurs anciennes colonies, ce qui est une ironie supplémentaire de cette crise et la preuve, selon certains, que le centre de gravité économique n'est plus en occident.

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