Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

08/04/13 à 09:38 - Mise à jour à 09:38

Quand John Crombez agite la peur du gendarme pour faire du buzz médiatique

John Crombez, le secrétaire d'Etat en charge de la fraude fiscale a bien compris la psychologie de ses concitoyens. La peur du gendarme en période de crise, ça marche, et donc, s'il faut faire peur, c'est le bon moment.

Et encore plus, après les fameuses "offshore leaks" de la semaine dernière, c'est-à-dire les révélations de noms de particuliers ou de sociétés qui ont ouvert un compte ou mis en place une société écran dans des paradis fiscaux. Donc, depuis la semaine dernière, très clairement, les fraudeurs ont compris qu'ils n'étaient plus à l'abri nulle part, car si avoir un compte dans une société offshore, autrement dit, située dans un paradis fiscal, n'est pas en soi condamnable, en revanche, elle peut susciter des interrogations de la part des fiscs nationaux ! Et cela peut être le début des ennuis si la réponse n'est pas à la hauteur des interrogations.

John Crombez, le secrétaire d'Etat chargé de la fraude fiscale, profite ainsi de cette période de désarroi pour avancer ses pions, il a donc indiqué sur la chaine de télévision flamande VTM ce dimanche, qu'il souhaitait sanctionner plus sévèrement les conseillers qui contribuent à organiser des constructions frauduleuses.

Les milieux patronaux ont immédiatement réagi en disant que ce genre de proposition ne servait à rien, si ce n'est pour la galerie, vu que les banquiers, mais également les autres conseillers, du type avocats, conseillers fiscaux ou réviseurs d'entreprises sont déjà - légalement - obligés de signaler les cas de fraude.

Bien entendu, John Crombez ne s'est pas laissé faire : il a clairement fait comprendre que ces conseillers sont certes obligés de signaler les cas de fraude, mais visiblement, avec seulement six cas de fraude signalés, il laisse entendre que ces conseillers ne jouent pas leur rôle !

À vrai dire, John Crombez remet en vigueur un vieux rêve de l'administration fiscale : comme les fraudeurs sont trop nombreux à poursuivre, l'idéal serait de "criminaliser" leurs conseillers, et comme ces conseillers sont moins nombreux, le contrôle de la fraude fiscale serait plus facile ! Alors, CQFD ? Pas vraiment, John Crombez a l'habitude de ce genre de sorties médiatiques, mais ces sorties ne se concrétisent que très rarement par un texte de loi, vu que nous avons tout ce qu'il faut dans notre arsenal législatif. Donc, le seul but des propos de John Crombez, c'est de faire du buzz médiatique en agitant à nouveau la peur du gendarme.

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