Parole d'expert: 'Comment organiser des navettes plus responsables'

09/09/15 à 09:58 - Mise à jour à 09:58

Métro, boulot, dodo... plus qu'une formule consacrée, c'est une équation que doivent résoudre entreprises et administrations. L'éclairage de Bernard Dehaye, coordinateur Mobilité, Environnement et Développement durable chez Belfius.

Parole d'expert: 'Comment organiser des navettes plus responsables'

Bernard Dehaye, coordinateur Mobilité, Environnement et Développement durable chez Belfius. © DR

Les travailleurs belges n'ont pas dans leur ADN de déménager pour habiter au plus près de leur lieu de travail. Ils sont ainsi nombreux à se condamner au "statut" de navetteur, surchargeant dès lors nos réseaux de transports. Plus généralement, le fait de nous déplacer, en masse aux heures de pointe, crée des bouchons autoroutiers et surpeuple trains, bus et métros. Dimensionner les infrastructures pour absorber de tels flux serait impayable.

Un contexte ardu pour toute entreprise, dont l'intérêt est de rester la plus accessible pour ses clients et d'avoir un personnel le moins stressé possible, le stress au volant générant de l'absentéisme. C'est cela qui nous a convaincu de mettre en place en 2000, un plan de mobilité décourageant la voiture en solo pour encourager les modes alternatifs de déplacement vers le travail.

Pour ce type de mesures, il faut tenir compte notamment de la distance moyenne domicile-travail : plus elle est élevée, plus le train se place comme la meilleure alternative à la voiture. Chez Belfius, elle est de 42 km, soit le double de la moyenne belge. C'est pourquoi nous avons décidé de concentrer le personnel du siège central dans des bâtiments à proximité d'une grande gare et d'une station de métro. Ceci afin de viser un report modal de la voiture vers le train, en offrant la gratuité des transports en commun. Et pour encourager le rabattement vers les gares, nous remboursons le parking aux gares, et intervenons dans les frais domicile-gare.

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En 2000, 55 % de notre personnel se rendait au travail à Bruxelles seul dans sa voiture. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 18 %

Deuxième axe : décourager l'autosolisme. Celui qui vient seul dans sa voiture au travail doit payer environ 350 euros par an pour son emplacement de parking sous son bâtiment à Bruxelles, alors que celui-ci reste gratuit pour les covoitureurs, les personnes à mobilité réduite, les motards et les cyclistes. En cas de covoiturage, outre cette gratuité du parking et de l'abonnement à la centrale de covoiturage, le conducteur et chacun de ses passagers perçoivent une indemnité identique.

Troisième axe : choyer les deux roues. Chez nous, ils bénéficient d'un parking sécurisé et équipé, d'un vestiaire, de douches et d'une armoire individuelle. Cyclistes et piétons perçoivent une indemnité kilométrique de 0,22 euro/km, exonérée d'impôts et de charges sociales.

Ensuite, il faudrait citer des mesures d'accompagnement comme l'horaire flexible (arrivée au travail entre 7h30 et 10h), le télétravail pratiqué par un employé sur deux, à domicile ou en télécentre, occasionnel ou structurel (8 %), ou la semaine de 36h en quatre jours observée par 8 % du personnel.

Résultat : En 2000, 55 % de notre personnel se rendait au travail à Bruxelles seul dans sa voiture. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 18 % (dont seulement 10 % en voiture de société) alors que la moyenne belge tourne autour des 67 %. Deux de nos employés sur trois viennent en train et 7 % utilisent quotidiennement le vélo (5 % pour se rendre à la gare et 2 % directement au bureau).

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