Pub: TF1 trouve le moyen de débarquer sur le marché belge dès septembre

12/05/17 à 12:15 - Mise à jour à 16:30

Source: Belga

La chaîne de télévision française TF1 a signé avec la régie publicitaire néerlandophone Transfer un accord de commercialisation de ses espaces publicitaires en Belgique, qui débutera en septembre 2017, a-t-elle annoncé vendredi.

Pub: TF1 trouve le moyen de débarquer sur le marché belge dès septembre

© Reuters

L'accord permettra aux téléspectateurs de bénéficier de publicités adaptées à leurs attentes et à leur consommation, avance la première chaîne française, qui bénéficie d'une part d'audience de 19% en Belgique francophone. "Grâce à cet accord, les téléspectateurs belges pourront voir sur TF1 des publicités qui les concernent", explique ainsi Régis Ravanas, directeur général adjoint Publicité et Diversification du groupe français, qui ne souhaite pas commenter davantage cette annonce.

Les marques présentes sur le territoire belge auront quant à elles la possibilité de communiquer "dans un contexte d'insertion premium" sur TF1.

"Grâce à ses émissions phares et son très large succès auprès du public belge, TF1 est la chaîne rêvée pour une régie comme Transfer. (Elle) nous permet de développer une stratégie commerciale alliant puissance et innovation", se réjouit, pour sa part, Birgitta De Smet, CEO de l'entreprise belge.

Il y a plusieurs mois que le groupe français lorgnait le marché publicitaire belge, qui pourrait lui rapporter de 20 à 30 millions d'euros selon certaines estimations. Mais pour mener l'opération à bien, la chaîne cherchait une régie publicitaire en Belgique.

Elle a notamment contacté la RMB, qui assure la régie de la RTBF. Chez RTL Belgium, la perspective de voir la régie qui travaille pour la chaîne de service public belge récolter des publicités au profit de la concurrente TF1 avait évidemment suscité des réactions négatives car cela aurait déstabilisé le fragile équilibre établi en Belgique francophone entre la chaîne publique et la principale chaîne privée, avaient justifié les responsables de RTL. Ceux-ci avaient même qualifié l'éventuelle arrivée de TF1 de "véritable séisme" dans le monde médiatique du pays.

A la mi-mars, le conseil d'administration de la RTBF avait finalement décidé de ne pas laisser la RMB assurer la vente des espaces publicitaires spécifiquement belges. L'administrateur général du service public avait pourtant approuvé l'idée de permettre à la RMB de prendre TF1 en régie.

Quant au ministre des Médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles Jean-Claude Marcourt, il avait fait savoir qu'il ne pouvait s'opposer juridiquement à l'initiative française. A ses yeux, des marges de négociation, qui permettraient de persuader TF1 de fournir des compensations en réalisant en Belgique des productions locales, existent toutefois, avait-il confié il y a quelques semaines.

Le groupe TF1, quant à lui, avait également minimisé en mars dernier l'impact négatif de l'arrivée de sa chaîne sur le marché publicitaire audiovisuel belge, l'estimant à 10 à 20 millions d'euros maximum sur un total annuel de 200 millions en Belgique francophone. Son PDG Gilles Pélisson avait assuré qu'une telle démarche allait rapatrier des budgets publicitaires dans le sud du pays, ce qui profiterait aussi à toutes les chaînes, dont RTL.

Le CSA veut que TF1 respecte les règles plus strictes en Belgique

Par ailleurs, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) va enclencher une procédure en vue d'obtenir un accord mutuellement satisfaisant avec son homologue français sur l'arrivée de TF1 sur le marché publicitaire belge, indique-t-il vendredi. Le but de la démarche est de faire en sorte que les règles plus strictes du décret sur les services de médias audiovisuels (SMA) en Fédération Wallonie-Bruxelles soient respectées par la chaîne française.

TF1 a signé avec la régie publicitaire néerlandophone Transfer un accord de commercialisation de ses espaces publicitaires en Belgique, qui débutera en septembre 2017. Le groupe est dès lors tenu de signer une nouvelle convention avec son régulateur (le CSA français, ndlr) pour pouvoir réaliser les ciblages publicitaires en Belgique francophone, explique-t-on au CSA.

Il revient à présent au Collège d'autorisation et de contrôle du CSA belge de décider d'enclencher la procédure avec son homologue français. L'article 159 du décret SMA prévoit en effet une telle démarche de la part du gendarme de l'audiovisuel lorsqu'il constate qu'un service établi dans un pays étranger est entièrement ou principalement destiné au public de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et d'après la directive européenne en la matière, un accord mutuellement satisfaisant peut être trouvé entre deux régulateurs en cas de ciblage.

L'accord avec le CSA français concernera essentiellement les règles relatives à l'insertion publicitaire et les règles imposées aux éditeurs belges relatives aux investissements à la production locale, précise encore le CSA, qui se dit particulièrement attentif à lutter contre toute forme de contournement des règles applicables. "Celles-ci causent en effet d'importants préjudices à la pérennité du paysage audiovisuel de la FWB, et en particulier à la capacité de ses acteurs à assurer la production et la diffusion de programmes propres, notamment de l'information comme des oeuvres audiovisuelles, s'adressant à ses publics spécifiques."

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