Pourquoi Uber veut livrer des glaces à Bruxelles

16/07/14 à 16:06 - Mise à jour à 16:06

Source: Trends-Tendances

Pour une journée, le service de transport Uber se transforme en livreur de glace. Une opération marketing de recrutement... mais pas que. A regarder de plus près cette opération, lancée en pleine guérilla avec les taxis bruxellois, elle n'est pas si anodine.

Pourquoi Uber veut livrer des glaces à Bruxelles

Malgré les réaction hostiles du milieu des taxis bruxellois, Uber, le spécialiste de la réservation de voitures avec chauffeurs via smartphone, ne cesse d'afficher sa présence sur notre marché où plusieurs véhicules continuent de circuler (Uber n'en dévoile pas le nombre). La firme américaine multiplie, en effet, les opérations marketing. Aujourd'hui, elle annonce à Bruxelles une opération "crème glacée", en partenariat avec le glacier Capoue. Concrètement, Uber va livrer ce vendredi des packs de 6 glaces à ses utilisateurs qui les commandent, pour 25¤. L'objectif ? Du marketing, bien sûr. Cela va faire parler d'elle et devrait lui permettre de recruter de nouveaux utilisateurs. Pour cela, Uber offre d'ailleurs un bon cadeau de 20¤ sur la première course de tout nouvel inscrit.

Mais ce n'est pas tout. Uber compte également, de cette manière, réaffirmer sa présence à Bruxelles et son intention de rester actif dans notre capitale.

En plein conflit avec les firmes bruxelloises de taxis et avec la Région de Bruxelles Capitale, l'Américain Uber est bien décidé de ne pas se laisser faire. Comme son patron européen, Pierre-Dimitri Gore Coty, nous le mentionnait dans une interview exclusive accordée à Trends-Tendances "les réactions hostiles ne remettent pas en cause notre développement à Bruxelles et nous n'avons aucun doute sur le fait qu'Uber restera dans la capitale belge".

Pour rappel, Uber fait l'objet d'une action en justice initiée par la firme Taxis Verts qui voit dans Uber une concurrence déloyale. Et une loi de la Région de Bruxelles interdit aux services de limousines de faire des prestations de moins de 3h ou de 90¤, afin de protéger l'activité de taxi. Cela a empêché Uber de lancer son service classique UberBerline et de faire le choix de son offre UberPop permettant à des particuliers d'assurer le transport des utilisateurs d'Uber. Mais la Région aurait déjà saisi environ 13 véhicules UberPop. "Cela fait partie d'une campagne d'intimidation et de harcèlement de la part de la Région en direction des chauffeurs UberPop, estimait Pierre-Dimitri Gore-Coty dans notre magazine au début du mois de juillet. Et cela alors qu'aucun jugement n'a condamné Uber. Sans oublier que trois chauffeurs ont été poursuivis au pénal et passeront devant la justice à la rentrée prochaine. C'est très violent !"

Mais Uber veut maintenir le cap à Bruxelles. Et cette opération marketing de livraison de glace n'est pas si anodine alors que le gouvernement bruxellois, fraîchement formé, a d'ores et déjà fait part de son intention de renforcer les taxis, notamment avec des offres low cost adaptées aux petits trajets... Mais la note du gouvernement indique aussi qu'il a l'intention de se pencher sur l'encadrement juridique des systèmes alternatifs comme Uber.

C'est donc le moment pour la firme d'origine américaine de montrer aux consommateurs, mais surtout aux autorités, qu'elle offre un service flexible et utile pour les Bruxellois. Et d'afficher des chiffres d'utilisateurs (et donc de démontrer une demande de la part du public) plus important (aujourd'hui Uber ne communique pas ses chiffres avec la presse). Et puis, qui sait, lancer dans un second temps de nouvelles offres de livraisons ? Car aux Etats-Unis où Uber est nettement plus avancée en termes d'utilisateurs, son patron envisage déjà de nouveaux services, au-delà du transport de personnes. Travis Kalanick entrevoit, en effet, sa société comme un acteur plus global au niveau de la logistique. Sous la marque UberRush, la firme teste des livraisons de colis à New York. Et certains l'imaginent également dans la livraison de nourriture (on y est avec la livraison de glaces)... ou dans le transport aérien. Car l'un des fondateurs de Uber se trouve également derrière BlackJet, une application mobile permettant de réserver des sièges dans des jets privés...

Christophe Charlot

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