Le litige entre Mithra et le magazine Médor réglé le 1er décembre

25/11/15 à 11:47 - Mise à jour à 11:47

Source: Belga

Une décision interviendra mardi 1er décembre, a-t-on appris mardi à l'issue de l'audience contradictoire en référé au tribunal de première instance de Namur concernant la requête unilatérale introduite par la société pharmaceutique Mithra contre le magazine trimestriel d'enquêtes Médor.

Le litige entre Mithra et le magazine Médor réglé le 1er décembre

/ © DR

Les trois avocats de Mithra ont fait valoir leurs arguments mardi après-midi durant environ 1h15. Les trois conseils de Médor ont ensuite pris la parole jusque peu avant 17H00. La sortie de Médor en librairies était prévue la semaine passée.

L'objet du litige est l'article du journaliste David Leloup intitulé "Le risque financier que Mithra n'a pas déclaré à la FSMA".

Pour Mithra, cet article "porte des accusations extrêmement graves et inexactes". Dès le 12 novembre, l'entreprise avait donc mis Médor et l'auteur de l'article en demeure de le retirer du site internet où il avait été publié. Ensuite, le 17 novembre, soit juste avant le lancement officiel de Médor en version papier, elle avait introduit une requête unilatérale en vue d'interdire d'urgence, temporairement, et dans l'attente d'une décision contradictoire, la publication ou la diffusion de l'article litigieux sous peine d'une astreinte de 12.000 euros par jour et par infraction constatée.

Depuis le 18 novembre en fin d'après-midi, le tribunal de première instance de Namur a interdit provisoirement au nouveau magazine de poursuivre la diffusion de cet article. L'interdiction ne vise pas seulement l'article publié en ligne mais également la sortie du premier numéro papier en librairie. "Cela cause un préjudice énorme au magazine Médor, à ses collaborateurs et à la liberté de la presse", soulignent les responsables du magazine.

Interviewé juste avant l'audience, David Leloup a indiqué qu'il assumait totalement son article. L'Association des journalistes professionnels (AJP) le soutient et s'est dite "scandalisée" par la censure imposée à Médor.

Lors de leurs interventions, les avocats de Mithra, Mes Thieffry, Lambert et Sorreaux, ont cependant contesté la censure aussi bien pour la version internet que papier. Mais pour Me Englebert, avocat de Médor, c'est de la censure pure. "Empêcher un média qui n'est pas encore sorti de paraître, c'est de la censure. Médor n'a pas pu paraître dans les librairies", a-t-il déclaré ajoutant que Mithra devait assumer.

De leur côté, les avocats de Mithra maintiennent que leur demande est fondée et que la liberté de la presse a ses limites. Pour Me Thieffry, cette liberté ne doit pas faire fi de la vérité et jeter en pâture la société Mithra sur la base d'informations inexactes. Et Me Thieffry de reprendre des extraits de l'article dont celui-ci: "le CEO de Mithra, François Fornieri, a décliné toute interview à Médor". Pour la société, c'est faux et "ça veut clairement dire que Mithra et son CEO ont quelque chose à se reprocher". Me Sorreaux est allé plus loin. "Cet article n'a pas été fait sous le coup de l'actualité sans avoir le temps. Or, on ne trouve pas la moindre trace montrant qu'on a vérifié les informations, recoupé les sources et été particulièrement objectif."

Me Mouffe, avocat du journaliste, a signalé que ce dernier avait travaillé six mois sur son article. "Vous pouvez difficilement dire qu'il n'est pas sérieux", a-t-il adressé à la présidente.

Me Lambert a ajouté que quelques jours après la parution de l'article sur internet, Mithra a chuté en Bourse (l'entreprise y est entrée en 2015, NDLR) et la méfiance des actionnaires se ressentait. Outre le préjudice financier, "c'est aussi une atteinte à l'honneur, la réputation, et la probité d'une société pharmaceutique cotée en Bourse".

La présidente prendra en compte les arguments des uns et des autres et rendra sa décision mardi. D'ici là, si Médor viole l'ordre qui lui a été donné, l'astreinte sera due. "Mais si la juge infirme cette décision, on pourra réclamer des dommages et intérêts", a confié Me Englebert.

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