Grenoble, première ville d'Europe à bannir la publicité de ses rues

24/11/14 à 11:39 - Mise à jour à 13:26

Source: Le Monde

Il n'y aura bientôt plus de publicités dans les rues de Grenoble. La municipalité française a en effet décidé de ne pas renouveler son contrat avec le groupe d'affichage et de mobilier urbain JCDecaux. Une première européenne.

Grenoble, première ville d'Europe à bannir la publicité de ses rues

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Au total, comme le détaille le journal Le Monde, pas moins de 326 panneaux seront démontés pour une superficie de 2 051 mètres carrés d'espaces publicitaire entre janvier et avril 2015. Le maire Eric Piolle s'explique sur cette mesure: "La municipalité fait le choix de libérer l'espace public grenoblois de la publicité en développant les espaces d'expression publique et ne lance pas de nouvel appel d'offre pour de l'affichage publicitaire." Et à la place des panneaux, le maire écologiste de la métropole rhône-alpine promet de planter "une cinquantaine de jeunes arbres avant le printemps". Il est vrai que la ville de 160 000 habitants est connue pour son air polué.

"Les premiers panneaux sont arrivés à Grenoble en 1976! C'est un modèle obsolète et en bout de course qui ne correspond plus aux des attentes des habitants, qui souhaitent se réapproprier l'espace public", a expliqué à l'AFP Lucille Lheureux, adjointe à la mairie en charge des espaces publics. Les abribus, en revanche, ne sont pas encore concernés par la nouvelle mesure, le contrat signé entre le groupe JCDecaux et un syndicat local des transports en commun ne prenant fin qu'en 2019. La ville a aussi déclaré qu'elle devait encore rencontrer les acteurs locaux pour "convenir avec eux des meilleurs lieux d'implantation du futur dispositif" qui sera consacré à l'affichage libre, culturel et municipal. Avec sa décision, la mairie écologiste espère aussi faire supprimer la pression publicitaire des "grands groupes", qui sont souvent seuls à pouvoir s'offrir des campagnes d'affichage coûteuses. Les commerces de proximité auront à l'avenir plus de visibilité, assure Lucille Lheureux.

600 000 euros de revenus en moins pour la ville ?

Avec la fin de ce contrat qui la liait au monstre du secteur de l'affichage publicitaire JC Decaux, Grenoble se priverait "de 6 millions de redevance sur dix ans", soit 600 000 euros par an, regrette le directeur stratégie, études et marketing de JCDecaux, Albert Asseraf, cité par Le Monde.

Ces chiffres sont toutefois contestés par la mairie de Grenoble : "En raison de l'effondrement des recettes publicitaires traditionnelles, avec la concurrence notamment d'Internet, la redevance à laquelle on pouvait s'attendre, en cas de nouveau contrat, n'était que de 150 000 euros et non plus de 600 000 euros comme c'était le cas entre 2004 et 2014."

Avant la capitale des Alpes, Sao Paulo, au Brésil, a été la première grande ville à avoir franchi le pas en 2007, en décidant d'interdire la publicité omniprésente et intempestive sur ses murs. Elle est revenue sur cette décision en 2012, re-signant un contrat avec JCDecaux, pour la mise en place d'un système moins agressif et mieux intégré grâce à 1 000 horloges qui doivent donner aux citadins l'heure, la température, la qualité de l'air et des informations municipales.

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