Frédéric Van Vlodorp
Frédéric Van Vlodorp
Retrouvez chaque semaine l'éditorial de Frédéric Van Vlodorp, rédacteur en chef de Trends-Tendances.
Opinion

14/11/11 à 10:29 - Mise à jour à 10:29

Précédons les éventuels diktats européens !

Le sprint final budgétaire est lancé en cette fin de cette semaine. Le Premier ministre Yves Leterme, en partance, a encore rappelé l'urgence de boucler l'exercice avec, en prime, la formation du nouveau gouvernement. Il est essentiel de foncer, tant que la Belgique a encore son sort entre les mains. Enfin, espère-t-on.

Précédons les éventuels diktats européens !

Le sprint final budgétaire est lancé en cette fin de cette semaine. Le Premier ministre Yves Leterme, en partance, a encore rappelé l'urgence de boucler l'exercice avec, en prime, la formation du nouveau gouvernement. Il est essentiel de foncer, tant que la Belgique a encore son sort entre les mains. Enfin, espère-t-on.

Nous sommes en effet devant un paradoxe. D'un côté, une incapacité récurrente de l'Union européenne de prendre des décisions communes suffisamment fortes pour répondre à la crise financière - ne parlons même pas de la constitution d'un gouvernement économique ! De l'autre, des pressions et désormais des injonctions au coup par coup de cette Union ou de certains de ses membres à l'égard de quelques Etats fragilisés.

Faut-il rappeler la pression récurrente portée sur la Grèce dont l'avenir se joue davantage à l'échelon européen qu'au niveau national ? Si les jeux politiques hellènes ont connu une apogée ces derniers jours, il n'en reste pas moins que les récents bouleversements internes au pays ont une origine avant tout extérieure.

La manière dont le Premier ministre italien s'est fait crosser il y a peu, contraint de revoir ses copies, repose sur cette même logique. Voilà la Botte au pied du mur, avec une Europe qui la regarde d'en haut.

Au-delà des mesures exigées de la part de ces gouvernements, la force de frappe européenne a fait sa première victime de premier choix : Georges Papandréou est écarté, tandis que Silvio Berlusconi a été poussé vers la sortie.

Ce ne sont donc plus des menaces qui sont proférées, même si les tackles deviennent légion, y compris à l'encontre de pays hors zone euro ou non intégrés dans l'Union européenne. Après le coup porté vers le Britannique David Cameron, à qui il fut reproché de "s'ingérer" dans les réunions relatives à l'euro, c'est la Suisse qui en a pris pour son grade, Nicolas Sarkozy exigeant au nom du G20 davantage d'efforts en matière fiscale.

Partout, les opinions publiques nationales n'apprécient guère, voire ne comprennent pas ces diktats venus de l'étranger.

C'est dire si la Belgique doit profiter de la situation actuelle : notre pays n'est actuellement pas directement sous le feu des projecteurs. Toutefois, le temps presse. Même des pays a priori moins exposés comme la France viennent de prendre de nouvelles mesures énergiques (hausse ciblée de la TVA, recul de l'âge de la pension,...) atteignant 7 milliards d'euros d'économies supplémentaires. Et son Premier ministre François Fillon n'hésite pas à prononcer le mot austérité.

Le crédit dont nous bénéficions encore s'épuise à toute vitesse. Plus le temps passe, plus la situation se détériore. Les promesses ne suffisent plus.

La Commission européenne et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont livré en juin et en juillet diverses recommandations socio-économiques sur lesquelles ne se sont manifestement pas précipités les négociateurs fédéraux.

Si le monde politique belge dispose encore d'une certaine autonomie en matière de réduction structurelle des déficits, il convient toutefois de ne pas écarter du revers de la main ce qui s'appelle encore des "recommandations".

On ne comprendrait pas que le prochain gouvernement sous-estime ces éléments, avec le risque de se voir imposer ultérieurement des mesures nettement plus douloureuses pour la population et les entreprises.

Après plus de 500 jours sans gouvernement, chacun a eu le temps de tirer les enseignements des mésaventures survenues à d'autres...

Il ne s'agit donc plus seulement de rassurer les marchés et les agences de notation. L'Europe attend bien plus !

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