Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

15/06/12 à 11:00 - Mise à jour à 11:00

Pourquoi vous ne devez pas craindre le vote en Grèce

L'an dernier, le Premier ministre grec avait fait peur à tout le monde en voulant mettre sur pied un référendum. Finalement, ce qu'on redoutait en 2011 aura bien lieu en 2012 !

L'an dernier, le Premier ministre grec avait fait peur à tout le monde en voulant mettre sur pied un référendum. Tous les dirigeants politiques avaient crié au fou car cela revenait à demander aux Grecs s'ils voulaient se serrer ou non la ceinture. La crainte de tout le monde était que les Grecs disent logiquement "non" et doivent quitter la zone euro. Un scénario qui faisait peur à tout le monde, non pas en raison du départ de la Grèce, qui ne pèse pas lourd sur le plan économique, mais en raison des risques de contagion aux autres pays.

Finalement, ce qu'on redoutait en 2011 aura bien lieu en 2012, car les élections de ce dimanche peuvent être apparentée à un référendum. Le débat, jusqu'ici théorique, de la sortie ou non de la Grèce de la zone euro sera très, très concret dimanche soir. Pour le moment, certains sondages donnent une légère victoire aux partis pro-austérité, et donc pro-Europe. C'est d'ailleurs ce qui a permis à la Bourse d'Athènes de grimper de 10 % ce jeudi. Mais il ne s'agit pour le moment que de sondages. Et nous autres Européens, allons vivre accrochés au vote d'un petit pays de 11 millions d'habitants dont le PIB ne représente que 2 % du PIB de la zone euro !

A la veille de ce weekend fatidique, je m'en voudrais de vous laisser vous ronger les ongles pour vos économies. D'abord, j'aimerais vous rappeler que, même dans le scénario du pire, c'est-à-dire d'un éclatement de la zone euro, la Belgique serait plus que vraisemblablement considérée, au même titre que l'Allemagne, comme faisant partie du bloc des pays solides sur le plan économique. Autrement dit, même si, demain, il devait y avoir deux zones euro, notre pays figurerait dans le bon bloc.

En effet, nous sommes globalement un pays riche, avec un PIB par habitant supérieur de 20 % à la moyenne européenne ; nous sommes un pays tourné vers l'exportation ; nous sommes très liés économiquement à l'Allemagne. Cerise sur le gâteau, nous avons une épargne très abondante, puisque plus de 225 milliards d'euros dorment sur nos livrets d'épargne, un record historique. Et puis, le patrimoine financier des Belges, quand on retire les dettes de ceux-ci, s'élève à 730 milliards d'euros, le double de notre dette publique.

Tout cela, les marchés financiers le savent. En résumé, s'il vaut mieux que les Grecs votent dans le bon sens ce dimanche, notre pays a, même dans le pire scénario, au moins cette chance de figurer parmi les derniers pays solides de la zone euro. Vous voyez qu'il y a encore de bonnes nouvelles...

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