Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

11/03/14 à 11:24 - Mise à jour à 11:24

Pourquoi les voitures 'low cost' ne profitent pas de la crise

En période de crise, et en particulier en Europe, les modèles de voiture d'entrée de gamme font moins recette que par le passé, à l'exception de la marque Dacia de Renault. Explications.

En effet, si les marques automobiles allemandes classées dans le haut de gamme, ce que l'on appelle le "premium", ont profité paradoxalement de la crise pour augmenter leurs parts de marché, ce n'est bizarrement pas le cas des voitures avec budgets serrés, pour ne pas dire low cost, à l'exception notable de la Dacia.

La meilleure manière de se rendre compte de ce phénomène, écrit le journal Les Echos, c'est la disparition programmée en Europe de la marque Chevrolet. Alors qu'au départ cette filiale du groupe GM cherchait à s'attirer les faveurs d'un public affecté par la crise, cette marque n'a jamais réussi à décoller au-delà de 1% du marché, et c'est visiblement ce qui a contraint la maison-mère à arrêter les frais avec la marque Chevrolet.

D'autres marques d'entrée de gamme ne sont également pas à la fête. Des firmes comme Kia, Dacia, Seat, Skoda et même Chevrolet représentaient 7,8 % du marché européen en 2007, contre 11,6% à la fin 2013. C'est donc une belle progression direz-vous. Oui, sauf que Les Echos rappellent que cette progression est essentiellement le fait de deux marques: Dacia et, dans une moindre mesure, KIA.

Et puis, l'autre preuve que l'entrée de gamme ne séduit plus nécessairement les constructeurs automobiles, c'est le fait que Citroën a renoncé à descendre en gamme, contrairement à Peugeot, avec notamment le virage stratégique effectué avec le C4 Cactus, présenté au Salon de Genève. Ce modèle, dont le prix de départ se situera aux alentours des 14.000 euros, n'est pas un véhicule low cost proprement dit, même si cette voiture familiale est moins chère que les autres de sa catégorie !

En réalité, si le segment d'entrée de gamme ne rencontre pas le succès espéré, surtout en période de crise, c'est notamment parce que ces véhicules entrent en concurrence avec le marché de l'occasion de marques de moyenne gamme. Tout cela confirme une seule chose: le haut de gamme est non seulement plus rentable pour les constructeurs, mais en plus, il montre une meilleure capacité à résister à la crise. Cela dit, comme vous le savez, la nature a horreur du vide, et une marque comme Seat espère profiter du départ de Chevrolet pour étendre son réseau de concessionnaires. Après tout, c'est de bonne guerre.

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