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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

21/04/11 à 10:13 - Mise à jour à 10:13

Pourquoi les Portugais ont peur du FMI

On ne répétera jamais assez à quel point vivre en Belgique est un bonheur. Bien entendu, il y a la crise, tout n'y est pas rose et certainement pas pour les plus démunis. A voir ce qui se passe dans les pays "périphériques", des nations comme la Grèce, le Portugal et l'Espagne, on se dit cependant que nous ne sommes pas les plus mal lotis.

On ne répétera jamais assez à quel point vivre en Belgique est un bonheur. Bien entendu, il y a la crise, tout n'y est pas rose et certainement pas pour les plus démunis. A voir ce qui se passe dans les pays "périphériques", des nations comme la Grèce, le Portugal et l'Espagne, on se dit cependant que nous ne sommes pas les plus mal lotis.

Prenons le cas du Portugal. Ce pays est aujourd'hui sous la tutelle du FMI. A tel point qu'un journal portugais n'a pas hésité à mettre en Une la photo du chef de la délégation du Fonds monétaire international sous ce titre : "Voilà l'homme qui va diriger les finances du pays !" Si les Portugais en ont peur, c'est qu'ils savent que le FMI peut appliquer un remède de cheval encore plus vite et plus fort que n'importe quel parti portugais au pouvoir, pour la simple raison que le Fonds n'a aucune sanction électorale !

Avec l'arrivée du FMI, certains économistes s'attendent à une véritable casse sociale dans un pays déjà considéré comme celui qui souffre du plus grand nombre d'inégalités sociales. Le Fonds monétaire international risque d'accentuer ce fossé. Un exemple parmi d'autres : beaucoup de fonctionnaires au Portugal n'ont pas d'emploi fixe. Ils sont sous contrat, leur situation est donc précaire. C'est le cas d'un bon tiers des enseignants : un prof peut avoir 10 ou 15 ans d'ancienneté et voir son contrat renouvelé chaque année. Le danger, c'est que le FMI risque de ne pas faire dans la dentelle, comme le disait un économiste local, et de supprimer un maximum de ces contrats.

Les mesures de rigueur qui seront prises par le FMI risquent d'aggraver encore plus la crise sociale au Portugal. Il en va de même en Espagne. Ce pays a certes davantage d'atouts que le Portugal mais, au-delà de l'immobilier qui va mal et plombe le reste de l'économie, les Espagnols découvrent que l'un des plus gros employeurs du pays, l'opérateur télécom Telefónica, n'a plus confiance dans l'avenir de son propre pays.

La meilleure preuve, c'est que Telefónica vient d'annoncer son intention de vendre pas mal de ses actifs en Espagne, réduisant du même coup 20 % son personnel en Espagne. La raison ? Telefónica souffre en Espagne depuis trois ans que dure la crise, et gagne mieux sa vie avec des pays d'Amérique latine. En pleine Semana Santa, le constat n'a pas de quoi réjouir nos amis espagnols.

Amid Faljaoui, en Espagne

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