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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

06/05/11 à 11:57 - Mise à jour à 11:57

Pourquoi les grandes maisons du luxe se vendent

Depuis que Bulgari s'est vendu pour la coquette somme de 4 milliards d'euros, cela a fait pétiller les yeux des dirigeants de certaines marques de luxe.

Jean-Paul Gaultier vient de vendre ses actions à un groupe espagnol Puig. Quant à Pierre Cardin, qui est la tête de 800 licences, il cherche lui aussi à vendre son empire. Pour rappel, la famille Bulgari a vendu ses parts à LVMH, le premier groupe mondial du luxe, pour la coquette somme de 4 milliards d'euros. Et il semble que d'autres marques de luxe, du type Sonia Rykiel ou Agnès B, soient également à vendre !

Tous ces mouvements dans le secteur du luxe répondent à des soucis très différents. Parfois, ce sont des raisons de succession qui priment ; dans d'autres cas, ce sont les difficultés financières qui sont à l'origine de la cession. Depuis peu, cependant, ce qui prime, c'est la volonté d'être présent dans les pays émergents. La crise financière a en effet démontré que le secteur qui résistait le mieux était le luxe. Les experts pensent qu'une croissance de 10 % par an pendant au moins dix ans est assurée dans le secteur du luxe. A condition d'être présent physiquement dans les pays émergents.

C'est là que le problème se pose. Pour être présent en Asie du Sud-Est et au Brésil, il faut consentir des investissements très lourds. Des marques moyennes, même si elles sont très connues, n'ont pas les moyens d'y arriver toutes seules. Elles doivent donc soit se vendre à un groupe plus fort, soit se marier avec un autre groupe et donc accepter de ne plus avoir la majorité de leur capital. Ce que refusent certaines marques qui se condamnent de facto à rester des marques de luxe... mais dans une niche.

Reste à savoir se vendre au prix fort. Depuis que Bulgari s'est vendu pour la coquette somme de 4 milliards d'euros, cela a fait pétiller les yeux des dirigeants de certaines marques. Jean-Paul Gaultier a espéré vendre sa marque une centaine de millions d'euros, nous dit le journal économique La Tribune. Il a finalement dû se contenter de quelques dizaines de millions d'euros. Quant à Pierre Cardin, il espère vendre son empire avec ses 800 licences pour 1 milliard d'euros. Là encore, les experts ont des doutes et se demandent si ce vénérable octogénaire ne confond pas les euros avec les anciens francs !

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