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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

09/07/10 à 11:09 - Mise à jour à 11:09

Pourquoi le prochain gouvernement ne privatisera pas Belgacom

Parmi les pistes évoquées en vue du futur gouvernement : la privatisation de certaines entreprises. Après tout, c'est le système suivi par la Grèce mais aussi par d'autres pays, comme la Grande-Bretagne. La question est simple : pourquoi ne ferait-on pas de même en Belgique ?

Le prochain gouvernement n'est pas encore constitué ? Cela n'empêche pas les conseillers des principaux partis de réfléchir sur les moyens de renflouer les caisses de l'Etat et de diminuer notre dette publique pour nous éviter un scénario à la grecque.

Parmi les pistes évoquées : la privatisation de certaines entreprises. Après tout, c'est le système suivi par la Grèce mais aussi par d'autres pays, comme la Grande-Bretagne. La question est simple : pourquoi ne ferait-on pas de même en Belgique ?

Premier problème : pour privatiser une entreprise, il faut d'abord la nationaliser. Or, la Belgique n'a jamais eu recours à des nationalisations massives comme en France. En outre, notre pays a déjà vendu la plupart de ses bijoux de famille...

C'est vrai, l'Etat belge détient encore deux grosses participations : l'une dans Fortis Banque SA, l'autre dans Belgacom. En vendant ses 51 % de l'opérateur télécom, l'Etat pourrait faire rentrer 5 milliards d'euros dans ses caisses. Cela entraîne néanmoins un second problème : si l'Etat belge cédera forcément sa part du capital à un groupe étranger. Comme le faisait remarquer justement le journal L'Echo, cela signifiera qu'on vend à nouveau un centre de décision important à des étrangers. L'Etat, par ailleurs, aura réalisé une opération one shot mais ne pourra plus compter sur les gros dividendes de Belgacom pour les prochaines années.

Quant à la vente de sa participation dans Fortis Banque SA, il suffit de regarder l'état de la Bourse pour comprendre que ce n'est pas le moment de vendre un actif bancaire.

Une conclusion s'impose : sauf surprise du chef, la privatisation ne sera pas la voie empruntée par le prochain gouvernement.

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