Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

19/08/10 à 15:01 - Mise à jour à 15:01

Pourquoi la dette belge séduit-elle tant les investisseurs ?

Pour la première fois, le rendement de la dette à 10 ans tombe aussi bas. Un record historique, donc, même s'il n'a pas fait la une des grands journaux.

Lundi dernier, vers 15 h 30 pour être précis, le rendement de la dette belge est tombé sous le seuil de 3 %. C'est la première fois de son histoire que le rendement de la dette à 10 ans tombe aussi bas. Un record historique, donc, même s'il n'a pas fait la une des grands journaux.

En réalité, quand le rendement de notre dette publique tombe à un tel niveau, c'est qu'elle est fortement demandée par les investisseurs. Comme le cours de ces obligations augmente du fait de la forte demande, le rendement diminue mécaniquement, ce qui explique que notre dette publique à 10 ans soit tombée momentanément sous les 3 %. Nous ne sommes pas les seuls, ceci dit : les obligations de l'Etat allemand sont elles aussi très demandées.

La vraie question est : pourquoi cette demande pour la dette publique, alors que, voici quelques semaines encore, les investisseurs avaient peur des déficits publics et poussaient, pour ne pas dire plus, les gouvernements à faire le ménage dans leurs finances publiques et baissent le plus vite possible leur dette publique ? Pourquoi ce retour en grâce des obligations d'Etat ? Pourquoi prêter à des pays dont on avait peur, hier encore, qu'ils ne fassent faillite ? Et surtout, pourquoi prêter à des Etats qui vous offrent, in fine, un rendement à peine supérieur à l'inflation ?

Avouez qu'il y a de quoi être désarçonné !

La première explication qui vient à l'esprit, c'est que les investisseurs cherchent des alternatives aux actions qu'ils jugent trop risquées en raison des incertitudes qui pèsent sur la vigueur de la croissance en 2011. Bref, l'attitude des investisseurs pourrait se résumer pour l'instant : à tout, sauf des actions !

Là encore, ce serait la preuve supplémentaire du côté grégaire des marchés financiers. Car vouloir jeter toutes les actions aux orties n'a pas de sens. Comme le faisait remarquer le Journal des Finances, des actions comme France Télécom proposent un rendement garanti de 9 % pour les trois prochaines années, tandis que GDF Suez annonce un rendement proche de 6 %. Sans parler de Belgacom ou d'autres sociétés encore...

D'où la conclusion du Journal des Finances : soit les investisseurs qui optent pour du 3 % sont fous, soit ils pensent que l'économie mondiale est repartie pour la récession. Espérons que la bonne hypothèse soit la première.

Nos partenaires