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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

31/05/10 à 11:12 - Mise à jour à 11:12

Pourquoi la Chine a sauvé l'euro la semaine dernière

La Chine, si elle n'a peut-être pas sauvé l'euro la semaine dernière, lui a donné un sérieux coup de pouce : sans elle, l'euro allait dégringoler encore plus !

La Chine, si elle n'a peut-être pas sauvé l'euro la semaine dernière, lui a donné un sérieux coup de pouce : sans elle, l'euro allait dégringoler encore plus !

Paradoxalement, l'Empire du milieu a, dans un premier temps, contribué à fragiliser l'euro. Un article du Financial Times a en effet provoqué la panique au sein des marchés financiers, la Bourse de New York trébuchant et l'euro chutant sous 1,22 dollar. Dans cet article, le FT écrivait en gros que la Chine était en train de revoir son portefeuille en euros. En mots de tous les jours, le géant asiatique, qui dispose de la plus grande réserve de change au monde, allait en quelque sorte diminuer la partie euro de son portefeuille, et donc vendre de l'euro. Il n'en fallait pas plus pour que l'euro pique du nez -

Jusqu'au moment - trois heures plus tard - où la Chine, confirma officiellement au monde entier qu'il n'était pas question pour elle de réduire ses réserves en euros. La répartition de ces réserves chinoises est certes inconnue, on peut dire sans exagérer qu'il s'agit d'un véritable "secret défense"... Mais la déclaration des autorités chinoises a été prise au sérieux par les marchés financiers. Quelques heures plus tard, l'euro reprenait des couleurs, progressant même de 1 % face au dollar

Ne vous faites aucune illusion sur cette aide de la Chine. Si l'Empire du milieu nous a donné un coup de pouce, c'est aussi pour s'aider elle-même. Si elle veut protéger ses propres exportations, elle n'a pas intérêt à ce que l'euro soit trop faible, ni à ce que la zone euro sombre dans le chaos. C'est en cela que nous sommes vraiment dans une économie mondialisée : nous sommes les clients de la Chine. Et un fournisseur n'a jamais intérêt à ce que son client tombe en faillite.

En résumé, la Chine a donc donné un coup de pouce à l'euro, pas pour nos beaux yeux mais par pur égoïsme. Au fond, peu importe : ce qui compte, c'est le résultat.

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