Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

22/10/10 à 11:24 - Mise à jour à 11:24

Pourquoi la Belgique n'est pas (encore) chahutée par les marchés financiers

Si l'on regarde dans quels produits l'épargnant belge a mis ses noisettes, sans surprise, ce sont des produits comme les carnets d'épargne, l'épargne-pension, l'assurance-vie classique et les fonds avec garantie de capital qui représentent trois quarts du portefeuille du Belge "moyen".

Le magazine Le Vif/L'Express met un chiffre sur sa couverture de cette semaine : 340 milliards d'euros, le montant de la dette publique belge. Ce chiffre impressionnant démontre qu'il ne faut pas trop tarder à former un gouvernement. Pour le moment, nous ne sommes pas sous l'oeil des marchés financiers mais cela pourrait changer si la situation devait s'enliser.

Il faut savoir qu'une hausse de 1 % des taux d'intérêt provoquerait une hausse de notre déficit de 370 millions d'euros par an. C'est énorme. Vu l'état de nos finances publiques, il faut à tout prix éviter que les marchés financiers nous mettent sous pression, comme cela a été le cas pour la Grèce et d'autres pays du sud de l'Europe. On a autre chose à faire que dilapider 370 millions d'euros !

Connaissant la nervosité habituelle des marchés financiers, comment se fait-il que ceux-ci ne se soient pas encore déchaînés sur notre beau pays ? Plusieurs éléments de réponse.

La première explication, c'est que les marchés financiers ont plutôt les yeux rivés sur la France et ses grèves à répétition. En gros, les ennuis de Sarkozy détournent l'attention de notre pays.

Une autre raison est que les marchés financiers ont une bonne mémoire. Ils savent que notre pays a déjà réussi, par le passé, à réduire sa dette publique de manière drastique. Nous avons donc collectivement une réputation de sérieux.

Un troisième élément encore joue en notre faveur : la colossale épargne des Belges couvre largement notre dette publique. Autrement dit, il y a de la marge pour demander des sacrifices aux Belges pour réduire la dette publique.

Voilà donc pourquoi la Belgique n'est pas chahutée - ou pas encore - par les marchés financiers.

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