Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

22/07/10 à 15:41 - Mise à jour à 15:41

Pourquoi l'iPad ne tuera pas le bon vieux papier

Depuis le 23 juillet, il est enfin possible d'acheter en Belgique le fameux iPad d'Apple. Cette tablette électronique n'arrête pas de susciter des envies, voire des espoirs immenses, y compris pour la presse écrite du monde entier.

Depuis le 23 juillet, il est enfin possible d'acheter en Belgique le fameux iPad d'Apple. Cette tablette électronique n'arrête pas de susciter des envies, voire des espoirs immenses, y compris pour la presse écrite du monde entier. Beaucoup de patrons de presse pensent que l'iPad est leur dernière chance pour sortir du modèle de la gratuité que leur a imposé l'Internet.

Les avantages de l'iPad sont évidents pour les éditeurs. Cette tablette offre une expérience de lecture comparable au papier, dans le sens où l'on peut feuilleter son quotidien ou son magazine par simple toucher du doigt. Elle assure également la mobilité et la lecture à tête reposée, dans son canapé par exemple. De plus, l'iPad permet aux journaux d'enrichir leurs offres écrites par des vidéos et des sons en lien avec leurs contenus.

La grande force de l'iPad, tout comme celle de l'iPhone, est néanmoins de pouvoir présenter aux lecteurs potentiels, une application payante, souvent à tarif modéré mais entièrement sécurisée et surtout téléchargeable d'un seul clic !

Pour autant, l'espoir placé dans ce nouvel appareil par certains éditeurs de presse écrite semble démesuré. En effet, 90 % des applications utilisées par les usagers de l'iPhone et autres smartphones sont gratuites. Et, sauf à vouloir offrir une simple version PDF aux lecteurs potentiels, il faudra bien enrichir cette offre avec des vidéos et du son. Or, ces derniers coûtent cher à produire : la plupart des journaux n'y ont donc pas recours, sans quoi leur équation économique ne tient plus la route.

Pour toutes ces raisons et bien d'autres, il est probable que l'iPad ne sera pas un substitut au bon vieux papier. Pas tout de suite, du moins. En Belgique, 300.000 personnes possèdent déjà un iPhone : débourseront-ils encore 500, voire 600 euros pour s'acheter un iPad ? La question restera posée... mais pas pour très longtemps, car d'autres firmes proposent déjà des tablettes électroniques à moindre coût, autour de 200 euros. Reste à savoir si elles serviront de planche de salut pour la presse écrite.

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