Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

29/11/10 à 15:12 - Mise à jour à 15:12

Pourquoi l'Europe a vraiment sauvé l'Irlande

Malgré l'aide de 85 milliards d'euros consenti à l'Irlande ce dimanche, le véritable problème n'était déjà plus l'Irlande mais le risque de contagion à d'autres pays.

Après la Grèce au mois de mai puis l'Irlande ces derniers jours, c'est au tour du Portugal et de l'Espagne de se retrouver malmenés par les marchés financiers. Autrement dit, malgré l'aide de 85 milliards d'euros consenti à l'Irlande ce dimanche, le véritable problème n'était déjà plus l'Irlande mais le risque de contagion à d'autres pays. C'est aussi la raison pour laquelle les actions des grandes banques ont souffert le martyre en Bourse ces derniers jours.

L'Espagne est le premier créancier du Portugal. Si celui-ci tombe, il est clair que son grand voisin aura du mal à tenir le choc. L'autre raison de toute cette nervosité, c'est que les banques espagnoles détiendraient 10 % de la dette obligataire de l'Etat portugais. En outre, elles ont accordé des prêts importants aux grandes sociétés et institutions portugaises. Il semblerait que les banques espagnoles seraient engagées à hauteur de 110 milliards d'euros auprès des résidents portugais. Ce n'est évidemment pas rien !

Dans ces conditions, si la dette publique portugaise venait à être renégociée et si certains établissements portugais se révélaient dans l'incapacité d'honorer leurs engagements, les banques espagnoles seraient "cuites", pour reprendre l'expression du journal Le Figaro. En conclusion, ce n'est donc pas le Portugal qui préoccupe réellement les marchés, comme on pourrait le croire, mais bien sa capacité à contaminer directement l'Espagne.

Ce n'est pas tout. Comme les banques françaises sont elles-mêmes engagées à hauteur de 106 milliards d'euros vis-à-vis de la Grèce, du Portugal, de l'Irlande et de l'Espagne, elles seraient elles aussi incapables de se remettre d'un problème de solvabilité sur ces quatre pays à la fois. Le même risque de contagion est valable pour la Grande-Bretagne et l'Allemagne.

Voilà pourquoi les dirigeants de ces pays se démènent pour sauver l'Irlande. Moins pour sauver un pays qui a joué cavalier seul pendant la crise et qui continue à jouer du dumping fiscal vis-à-vis de ses voisins, en maintenant son taux d'impôt des sociétés à 12,5 % alors qu'il est de 30 % ailleurs, que pour éviter le risque de contagion.

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