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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

30/05/12 à 09:35 - Mise à jour à 09:35

Pourquoi Facebook ne souffrira pas de son IPO ratée

Une semaine après son introduction en Bourse, on peut dire sans risque de se tromper que c'est un échec. Non pour Facebook mais pour ceux et celles qui ont cru qu'ils allaient faire fortune...

Une semaine après son introduction en Bourse, on peut dire sans risque de se tromper que c'est un échec. Non pour Facebook mais pour ceux et celles qui ont cru qu'ils allaient faire fortune en achetant des actions Facebook à son cours d'introduction et en les revendant quelques minutes plus tard ou quelques heures plus tard à un prix plus élevé. Cette stratégie, on le sait aujourd'hui, est un fiasco puisque le cours de Facebook a perdu presque 10 % depuis son introduction !

Pourquoi dis-je que ce n'est pas un échec pour Facebook même ? Il suffit de lire le prospectus d'introduction, ce document-phare officiel qui explique les raisons de l'introduction en Bourse de Facebook. C'est écrit noir sur blanc : "Nous nous introduisons en Bourse pour nos employés et nos investisseurs." Traduction : si Facebook est aujourd'hui en Bourse, c'est pour permettre à ses employés et aux investisseurs qui lui ont fait confiance au départ, de pouvoir enfin vendre leurs actions en Bourse et devenir au passage multimillionnaires en dollars.

En conclusion : tous ceux qui, aux Etats-Unis, veulent faire un procès aux dirigeants de Facebook devront expliquer qu'ils n'avaient pas lu ce passage pourtant très explicite du prospectus.

Une introduction en Bourse qui se passe aussi mal, risque-t-elle de laisser des séquelles pour l'image de marque de Facebook ? Pas vraiment. Depuis une semaine, Mark Zuckerberg, jeune fondateur de Facebook, a disparu des écrans de télévision, ce qui prouve à quel point il a en haute estime les nouveaux actionnaires. En fait, il n'en a cure, des réclamations de certains investisseurs ! Il a encore aujourd'hui 56 % des droits de vote de Facebook ; sa société est donc verrouillée donc les investisseurs extérieurs - ceux et celles qui ont acheté ses actions - ne peuvent faire pression sur lui.

Certains se sont emballés, comme ce commentateur de la chaîne financière américaine CNBC qui disait, je le cite : "L'introduction en Bourse de Facebook est en train de définir la génération actuelle, et la manière de communiquer des Terriens au 21e siècle." Preuve supplémentaire que la crédulité humaine n'a pas de limite.

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