Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

12/02/10 à 10:55 - Mise à jour à 10:55

Pourquoi ce soudain retour de l'argent noir ?

La peur du bâton provoque parfois des attitudes irrationnelles et c'est le cas en matière de fraude fiscale. Les Belges ne sont pas épargnés par cette peur du coup de bâton fiscal, la preuve, c'est qu'en 2009, l'année pour laquelle on a des chiffres, on considère qu'il y a eu pour 2 milliards d'euros de régularisés.

2 milliards d'argent noir ou gris a été rapatrié en Belgique, nettement plus qu'en 2008, année où les fraudeurs potentiels n'ont rapatrié que 81 millions d'euros.

Alors, pourquoi ce soudain retour de l'argent noir ? La réponse, la plus simple, c'est la peur du gendarme ! Il y a le fait que les fiscs nationaux s'échangent de plus en plus d'informations, il y a aussi le fait que le secret bancaire est attaqué de toute part, que ce soit dans l'union européenne ou en Suisse. On voit d'ailleurs que les gouvernements européens sont même prêts à payer des employés de banques qui leur livrent des listings avec les noms des clients comme récemment en Suisse.

Mais en réalité, quand on parle de 2 milliards d'euros rapatriés, il semblerait qu'en vérité, le montant soit le double, voire le triple si l'on tient compte de ce que les fiscalistes appellent les rapatriements sauvages En clair, ces rapatriements sauvages désignent le cas des épargnants qui ne passent pas par la case confession auprès du fisc ou via un conseiller fiscal qui peut leur dire quel est la procédure à suivre pour blanchir légalement son argent, non, ces gens là rapatrient leur argent à l'insu du fisc, soit via une valise comme dans le bon vieux temps, soit par un transfert de compte à compte.

Les épargnants qui sont à l'origine de ce rapatriement sauvage, surtout si cet argent provient d'une fraude fiscale jugée grave par le fisc, risquent un jour ou l'autre d'avoir une discussion musclée avec le fisc belge.D'autant que la législation se durcit de toute part. N'oublions pas que tous les gouvernements en sont à racler les tiroirs pour financer le budget et il est clair que ces rapatriements sauvages risquent de se transformer en taxation tout aussi sauvage.

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