Zone euro: la croissance ralentit au 3e trimestre et déçoit

13/11/15 à 12:50 - Mise à jour à 13:41

Source: Belga

La zone euro a vu sa croissance légèrement ralentir au troisième trimestre, avec un Produit intérieur brut en hausse de 0,3% contre 0,4% au trimestre précédent, a indiqué vendredi l'office européen des statistiques Eurostat en publiant une première estimation.

Zone euro: la croissance ralentit au 3e trimestre et déçoit

/ © Reuters

C'est une déception alors que les analystes tablaient sur une croissance évoluant au même rythme qu'au deuxième trimestre.

En comparaison avec le même trimestre de l'année précédente, le PIB corrigé des variations saisonnières a enregistré une hausse de 1,6% dans la zone euro au troisième trimestre, après une progression de 1,5% au deuxième trimestre.

Aucun détail n'a été donné sur les composants de la croissance. "Il est toutefois juste de dire que les consommateurs de la zone euro ont probablement sauvé la journée de la croissance européenne", a estimé Peter Vanden Houte de la banque néerlandaise ING.

La demande intérieure a été certainement soutenue par la baisse des prix énergétiques et le recul du chômage, avance l'analyste, qui évoque dans le même temps un ralentissement des exportations lié à l'accès de faiblesse des marchés émergents.

La croissance au troisième trimestre n'est pas tout à fait une surprise compte tenu des données publiées vendredi matin dans plusieurs pays de la zone euro, notamment en Allemagne et en France.

La première économie de la région a vu sa croissance légèrement ralentir (+0,3%) de juillet à septembre, comme cela était attendu. L'Allemagne exporte à tour de bras vers les pays émergents, notamment vers l'Asie, et voit avec anxiété le ralentissement de la croissance chinoise.

D'ordinaire à la traîne, la France a en revanche amorcé un redémarrage au troisième trimestre après avoir stagné au cours des trois mois précédents, enregistrant une croissance de 0,3%.

"Nous sommes sortis de cette trop longue période de croissance extrêmement faible, extrêmement poussive, et nous sommes entrés dans une nouvelle phase", s'est félicité le ministre des Finances, Michel Sapin.

En Italie, la croissance a fait moins bien que prévu (+0,2%) tandis que l'Espagne a confirmé son dynamisme avec une croissance de 0,8% au troisième trimestre.

Les Pays-Bas et le Portugal ont déçu avec une croissance extrêmement modeste (+0,1%) voire à l'arrêt. La Grèce a vu son économie se contracter de 0,5% au troisième trimestre, quand le pays a été menacé d'être poussé hors de l'euro et a imposé un contrôle des capitaux, toujours en vigueur.

Autre pays à la peine: la Finlande, sortie de récession au deuxième trimestre, a vu son économie replonger (-0,6%). L'Estonie a elle aussi vu son économie se contracter, de 0,5%.

Au final, ces données confortent l'idée que la Banque centrale européenne (BCE) doit accroître son soutien en accomodant sa politique monétaire comme elle pourrait le faire dès décembre, estime Jonathan Loynes, de Capital Economics.

Face à une économie déprimée et une inflation désespérément basse en zone euro, la BCE va "réexaminer" lors de la réunion du conseil des gouverneurs de décembre le calibrage de sa politique monétaire, a indiqué fin octobre son président, Mario Draghi.

Pour l'analyste de Capital Economics, cela pourrait se traduire par un renforcement du vaste programme d'achats de dettes publiques et privées. L'idée serait d'augmenter les achats, actuellement à 60 milliards d'euros par mois à 80 milliards d'euros. Une baisse des taux est également envisageable.

Le commerce international de biens en excédent de 20,5 milliards en septembre

Par ailleurs, les exportations de biens de la zone euro vers le reste du monde se sont établies à 173,4 milliards d'euros en septembre 2015, en hausse de 1% par rapport à septembre 2014 (171,8 milliards d'euros), ressort-il vendredi des premières estimations d'Eurostat.

Les importations ont quant à elles été de 152,8 milliards d'euros, en baisse de 1% (154,4 milliards).

La balance commerciale de la zone euro affichait dès lors un surplus de 20,5 milliards d'euros en septembre dernier, contre un excédent de 17,4 milliards pour le même mois il y a un an.

Le commerce intra-zone euro s'est, lui, élevé à 148,9 milliards d'euros en septembre 2015, en hausse de 2%.

Les 28 États de l'Union européenne ont exporté pour une valeur de 148,7 milliards d'euros, en baisse de 1% par rapport à septembre 2014 (150,3) et importé pour 144,4 milliards, soit une baisse de 3% (148,4). Le surplus s'élève dès lors à 4,3 milliards d'euros, contre un excédent de 1,9 milliard en septembre 2014. Le commerce de biens entre les Etats-membres représentait un montant de 271,2 milliards d'euros en septembre 2015 (+4%).

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