Wallonie : la guerre des chiffres continue entre ministre et MR

28/06/11 à 10:58 - Mise à jour à 10:58

Source: Trends-Tendances

Ambiance au Parlement wallon, où le MR conseille au ministre Antoine de "devenir expert financier en Grèce", tandis que le second n'y voit qu'"effets de manche électoraux". Au coeur du contentieux : le bilan de santé économique de la Région wallonne.

Wallonie : la guerre des chiffres continue entre ministre et MR

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Le MR et le ministre wallon du Budget, André Antoine, ont poursuivi lundi, en commission du Parlement, leur guerre des chiffres à propos des comptes de la Région.

Les réformateurs wallons ont épinglé la situation de l'encours ou du solde budgétaire à financer lors de la présentation par la Cour des comptes de la préfiguration de l'exécution des budgets pour l'année 2010. A leurs yeux, "la confiance est largement ébranlée". Selon la Cour, le solde budgétaire consolidé (intégrant la Région et les organismes d'intérêt public qui dépendent d'elle) s'établit à - 427,9 millions d'euros, soit une situation apparemment très négative.

Le ministre a rectifié ces chiffres : ils tiennent notamment compte d'indications relatives au Forem dépassées, qui font état d'un résultat de - 176 millions d'euros alors que celui-ci s'établit en fait à - 18 millions d'euros. Le solde budgétaire atteindrait donc - 257,9 millions d'euros, une donnée conforme aux objectifs du gouvernement. L'encours des engagements (en quelque sorte le stock de créances que la Région doit honorer) s'élève quant à lui à 3,5 milliards d'euros.

La progression est moins forte que les années précédentes, relève la Cour. A croire le ministre, rien de surprenant non plus : à l'époque de l'arc-en-ciel (entre 1999 et 2004, quand les libéraux étaient au pouvoir), la situation était comparable.

Le MR conteste cette version des faits. A la veille d'éventuelles négociations fédérales, il s'étonne aussi de la façon dont, d'après lui, le ministre cdH se met systématiquement en porte-à-faux par rapport à des institutions reconnues, comme la Cour des comptes, le Bureau du plan et l'Institut des comptes nationaux.

"Je veux bien ne plus faire confiance à la Cour des comptes, au Bureau du plan ou à l'ICN mais alors qu'André Antoine arrête d'être ministre et devienne expert financier en Grèce, a souligné le député Pierre-Yves Jeholet. En perspective de négociations futures, nous demandons une situation budgétaire claire !"

"Ce n'est pas sérieux : ce sont des effets de manche électoraux, a rétorqué le ministre. Ce qui n'irait pas, c'est que nous ne soyons pas dans un scénario de retour à l'équilibre budgétaire. Or, nous y sommes." André Antoine a rappelé que les entités francophones devraient retrouver l'équilibre en 2014, soit un an avant l'échéance prévue, "toutes choses restant égales", c'est-à-dire si un effort supplémentaire n'est pas demandé aux entités fédérées dans le cadre d'une réforme de l'Etat.

Trends.be, avec Belga

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