Vers une taxe sur l'énergie nucléaire ?

10/03/11 à 20:05 - Mise à jour à 20:05

Source: Trends-Tendances

La fameuse "rente nucléaire" est un incendie qui n'est pas prêt de s'éteindre. Suite au rapport de l'Agence internationale de l'énergie, selon lequel la Belgique devrait revoir sa sortie du nucléaire, la Creg propose une taxe sur l'énergie nucléaire. A la grande colère, bien sûr, d'Electrabel.

Vers une taxe sur l'énergie nucléaire ?

© Belga

La Commission de régulation de l'électricité et du gaz plaide en faveur d'une taxe sur l'énergie produite par les centrales nucléaires. Le régulateur fédéral de l'énergie précise qu'une telle taxe existe déjà en Allemagne.

La proposition de la Creg découle de la recommandation, via un rapport publié mercredi, de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) à la Belgique de revoir sa sortie du nucléaire.

"Pour Electrabel, cela signifie de faibles coûts de production, a souligné Laurent Jacquet, porte-parole de la Creg. Or, ce n'est pas juste pour les nouveaux acteurs. La taxe sur l'énergie produite par les centrales nucléaires pourrait ainsi favoriser une concurrence loyale."

Le régulateur devrait alors veiller à ce que cette taxe ne soit pas répercutée au niveau du consommateur, précise Laurent Jacquet.

Electrabel doit évaluer le montant de la "rente nucléaire" issue des centrales amorties. Les sept réacteurs nucléaires belges de Doel et de Tihange ont produit en 2007 plus de la moitié de l'électricité.

Une loi visant à limiter la durée de vie des centrales à 40 ans a été votée en 2003. De ce fait, trois centrales devraient fermer en 2015 et les quatre autres d'ici à 2025. En 2009, le gouvernement a décidé toutefois de prolonger la durée vie des plus anciennes de 10 ans mais le Parlement n'a jamais ratifié cet accord.

Electrabel farouchement opposé à la taxe proposée par la Creg

"Nous payons déjà une contribution annuelle pour l'énergie nucléaire", a rétorqué jeudi soir Sarah Bruyn, porte-parole d'Electrabel, en réaction à la proposition de la Creg. La filiale du français GDF Suez fait référence au protocole d'accord conclu avec le gouvernement et qui stipule que l'entreprise doit payer chaque année de 215 millions à 245 millions d'euros pour pouvoir prolonger la durée de vie des centrales nucléaires déjà amorties.

"Il est aussi question, dans cet accord, d'engagements concernant des investissements dans les énergies renouvelables et l'embauche", ajoute Sarah Bruyn.

Le Premier ministre démissionnaire, Yves Leterme, avait déclaré le week-end dernier qu'il demanderait une plus grande contribution à Electrabel. Ce à quoi l'opérateur énergétique oppose un refus catégorique.

Trends.be, avec Belga

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