Varoufakis: la guéguerre entre l'Allemagne et la Grèce ne profite qu'aux "ennemis de l'Europe"

30/03/15 à 10:20 - Mise à jour à 10:20

Source: Belga

Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a estimé lundi que les accusations réciproques échangées entre l'Allemagne et la Grèce faisaient uniquement le jeu des ennemis de l'Europe, appelant, dans une tribune publiée par le quotidien 'Handelsblatt', à une amélioration des relations bilatérales.

Varoufakis: la guéguerre entre l'Allemagne et la Grèce ne profite qu'aux "ennemis de l'Europe"

Yanis Varoufakis © Reuters

"Seuls les ennemis de l'Europe profitent" de cet échange d'accusations réciproques entre Berlin et Athènes, qui a gagné en intensité avec l'arrivée au pouvoir fin janvier d'un gouvernement grec de gauche radicale, écrit le ministre, évoquant une "animosité ouverte" entre Grecs et Allemands.

"Cela doit cesser. Et seulement alors, la Grèce, avec le soutien de ses partenaires européens, qui ont aussi intérêt à son redressement économique, pourra se concentrer sur la mise en oeuvre de réformes efficaces et d'une stratégie politique génératrice de croissance", ajoute le ministre, dont des rumeurs de démission ont été démenties vendredi par le gouvernement.

Athènes est en pleine discussion avec ses créanciers pour obtenir une nouvelle tranche d'aide financière, dont elle a très rapidement besoin pour éviter que ses caisses ne soient complètement vides. Mais avant cela, ses partenaires européens doivent accepter une liste détaillée de réformes que doit prochainement proposer officiellement le gouvernement grec.

Le 20 mars, quelques jours avant la première visite du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, chez la chancelière allemande Angela Merkel, Yanis Varoufakis avait déjà lancé, sur son blog, un appel à l'apaisement des relations entre Berlin, défenseur acharné d'une politique de rigueur budgétaire, et Athènes.

Cet appel intervenait quelques jours après la diffusion à la télévision allemande d'une vidéo datant de 2013, lorsque M. Varoufakis était encore simple économiste, dans laquelle on le voit faire un doigt d'honneur à l'Allemagne et déclaré qu'en 2010, au lieu d'accepter les prêts de l'Europe, la Grèce aurait "dû annoncer qu'elle faisait défaut, et faire un doigt à l'Allemagne en disant 'vous n'avez qu'à résoudre le problème vous-mêmes'".

Contestant toujours avoir joint le geste à la parole, sans pour autant qu'il n'y ait pour l'heure de preuve de trucage de cette vidéo, M. Varoufakis réaffirme dans le 'Handelsblatt' avoir été opposé aux prêts internationaux massifs négociés en échange de lourdes réformes au moment de l'éclosion de la crise de la dette.

"Ces nouveaux crédits ont moins entraîné le sauvetage de la Grèce qu'un transfert cynique des pertes privées inscrites dans les livres de compte des banques sur les épaules des citoyens grecs les plus vulnérables", affirme Yanis Varoufakis, dans le 'Handelsblatt'.

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