Valéry Giscard d'Estaing: "Une sortie de la Grèce de la zone euro ne serait pas un échec de l'Europe"

19/02/15 à 09:16 - Mise à jour à 09:26

Source: Belga

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing estime que la Grèce devrait "sortir de l'euro" par une "friendly exit" car elle "ne peut régler ses problèmes que si elle retrouve une monnaie dévaluable".

Valéry Giscard d'Estaing: "Une sortie de la Grèce de la zone euro ne serait pas un échec de l'Europe"

Valéry Giscard d'Estaing. © AFP

"La question fondamentale est de savoir si l'économie grecque peut repartir et prospérer avec une monnaie aussi forte que l'euro. La réponse est clairement négative. Mais au lieu de se concentrer sur ce sujet de fond et d'y répondre, les Européens se focalisent sur la dette grecque", déclare M. Giscard d'Estaing dans un entretien publié jeudi par Les Echos.

Selon l'ancien président français (1974-1981) et ex-président de la Convention pour l'avenir de l'Europe au début des années 2000, "la Grèce ne peut régler ses problèmes aujourd'hui que si elle retrouve une monnaie dévaluable". "Il faut donc envisager ce scénario très calmement, à froid, dans l'intérêt de la Grèce elle-même. Il est absurde de dire qu'il s'agirait d'un échec de l'Europe."

"La Grèce a toute sa place dans l'Union européenne", assure cependant VGE. "En quittant l'usage de l'euro, elle ne ferait que rejoindre des pays comme le Royaume Uni, la Suède, la République tchèque etc. qui ne l'ont pas adopté. Mieux: cette sortie lui permettrait de préparer un éventuel retour, plus tard. Ce processus de sortie ordonnée doit et peut se dérouler de manière non conflictuelle, dans l'intérêt mutuel de chacun. C'est ce que j'appellerais une 'friendly exit', une sortie dans un esprit amical", poursuit M. Giscard d'Estaing.

Selon lui, le nouveau Premier ministre anti-austérité d'Alexis Tsipras s'est fait élire sur un programme "irréalisable avec une monnaie forte".

"L'entrée de la Grèce dans l'euro en 2001 fut une erreur évidente. J'étais contre à l'époque et je l'ai dit. Les Allemands étaient contre, eux aussi. Ils l'ont acceptée parce que d'autres, notamment la France, ont insisté en ce sens."

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