Une reprise mais pas encore de redressement durable

09/12/13 à 14:27 - Mise à jour à 14:27

Source: Trends-Tendances

L'économie belge a renoué avec une croissance timide ces derniers mois mais il est n'est pas encore question d'un redressement durable, ressort-il du dernier focus conjoncturel présenté lundi par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).

Une reprise mais pas encore de redressement durable

© belga

Selon un sondage effectué par la fédération patronale, 53% des secteurs tablent sur une amélioration de l'activité économique au cours des six prochains mois, ce qui représente une nette amélioration par rapport aux focus précédents. Parmi les secteurs qui s'attendent à une hausse de l'activité économique, figurent la construction, le commerce, le secteur alimentaire et différentes branches de l'industrie technologique. Cette tendance positive est toutefois davantage perçue comme une "correction technique" que comme une reprise durable. A l'instar de la Banque nationale de Belgique, la FEB prévoit une croissance du produit intérieur brut d'1,1% en 2014.

Seulement 10% des secteurs pensent que l'emploi va augmenter au cours des six prochains mois. Et plusieurs secteurs industriels s'attendent même à ce qu'il baisse. Mais l'intérim ou le commerce, secteurs qui recourent à une main d'oeuvre importante, tablent sur une stabilisation de l'emploi, ce qui laisse penser à la FEB que "si l'emploi diminue, cette diminution ne sera pas forte".

Enfin, près de 30% des secteurs, parmi lesquels de nombreux secteurs industriels, se montrent positifs en matière d'investissement. "Mais le taux d'utilisation de la capacité de production est de 77%, ce qui est plutôt bas. Si investissements il y a, ce sera plutôt des investissements de remplacement ou d'optimalisation que des investissements d'extension", nuance le chef économiste de la FEB, GeertVancronenburg.

La FEB pointe une série de défis auxquels l'économie belge est confrontée, comme le fait que les investissements des entreprises et la valeur ajoutée de l'industrie restent inférieurs, de respectivement 11,9 et 11,5% à leur niveau d'avant-crise. La fédération patronale constate également que les créations d'emplois enregistrées sur la période 2007-2012 ont eu lieu quasi exclusivement dans le secteur non-marchand (+163.500 emplois, dont 72.400 dans les titres-services), subsidié par les pouvoirs publics, et très peu dans le secteur marchand (+6.900 emplois). L'industrie a même perdu 57.700 emplois sur la période et l'agriculture 11.600.

Surtout, la balance commerciale de la Belgique se détériore depuis 10 ans et les entreprises belges perdent des parts de marché à l'exportation. "Ce n'est pas un problème qui surgit aujourd'hui mais qui existe depuis plusieurs années", pointe Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB. Alors que la balance commerciale belge affichait encore un surplus de près de 4% du PIB en 2002, elle est désormais en déficit depuis 2008 et atteignait près de 3% du PIB en 2012.

Pour inverser la vapeur, les entreprises belges doivent retrouver plus de compétitivité, ce qui passera par une réduction des coûts salariaux, et se lancer davantage sur les marchés à forte croissance, martèle la FEB. En 2013, 16% des pays vers lesquels exporte la Belgique ont connu une croissance économique supérieure à 2%. "Le défi est d'augmenter ce pourcentage à l'avenir", conclut Geert Vancronenburg.

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