"Une croissance à crédit nous ramènerait au début de la crise"

10/05/12 à 14:21 - Mise à jour à 14:21

Source: Trends-Tendances

La chancelière allemande Angela Merkel a réitéré jeudi son refus de toute croissance tirée par l'endettement en Europe. Il faut dire qu'outre-Rhin, les perspectives économiques se sont encore améliorées au cours du premier trimestre.

"Une croissance à crédit nous ramènerait au début de la crise"

© Reuters

La chancelière allemande Angela Merkel a réitéré jeudi son refus de toute croissance tirée par l'endettement en Europe, estimant qu'une telle politique "nous ramènerait au début de la crise", lors d'un discours au Parlement.

"Une croissance par des réformes de structures est importante et nécessaire. Une croissance à crédit nous ramènerait au début de la crise. Nous ne le voulons pas, nous ne le ferons pas !", a-t-elle déclaré, suscitant des applaudissements dans le Bundestag.

Dans son discours devant la chambre basse du Parlement, exposant la position de l'Allemagne avant le sommet du G8 aux Etats-Unis les 18 et 19 mai, elle a souligné que la crise en zone euro y occuperait une place importante. Elle a estimé que le sommet aborderait les "prochaines mesures" pour la consolidation des finances publiques, ainsi que "les mesures de croissance" actuellement discutées en Europe. Ce sont "les deux piliers de notre stratégie" de lutte contre la crise, a-t-elle martelé.

La chancelière a estimé essentiel que chacun accepte l'idée que "la sortie de crise sera un processus long" et qu'elle nécessite de s'attaquer aux problèmes essentiels de certains pays européens, "un endettement catastrophique" et "un manque de compétitivité", selon elle. Régler ces problèmes "ne se fera pas du jour au lendemain", a-t-elle souligné.

Malgré la crise en zone euro, Berlin voit une embellie pour son économie

Quant à l'économie allemande elle-même, le gouvernement d'outre-Rhin a jugé jeudi que "les perspectives s'étaient améliorées" au cours du premier trimestre, malgré la crise qui frappe ses voisins de la zone euro.

"Les indicateurs de printemps signalent un redressement progressif de l'activité économique, en particulier dans le secteur industriel, très important pour la conjoncture", a-t-il détaillé. Crucial pour une économie soutenue par ses exportations, "l'environnement international a également multiplié les signes d'une reprise économique", ajoute-t-il.

Toutefois, "étant donné la poursuite de la crise financière et des dettes souveraines et une évolution négative de l'économie dans une série d'Etats de la zone euro, les incertitudes et les risques restent considérables".

Le ministère souligne par ailleurs que "la hausse des prix, restant sensible, bien que redescendue à 2 % en avril, pèse actuellement sur la consommation" et le moral des ménages.

La Bundesbank, pourtant très sourcilleuse sur la maîtrise de l'inflation, a pourtant évoqué mercredi le scénario d'un certain laisser-faire sur les prix en Allemagne, qui permettrait de redonner un peu de compétitivité aux pays en difficulté de la zone euro. Toutefois, grâce à la bonne tenue du marché du travail, les perspectives pour la consommation privée "restent positives".

Trends.be, avec Belga

Nos partenaires