Un marché de l'emploi plus flexible pour l'entreprise... et pour le travailleur

08/10/15 à 15:33 - Mise à jour à 16:11

Source: Trends-Tendances

Baisse de cotisations sur les bas salaires, intégration de la main d'oeuvre étrangère, flexibilité horaires, compte-carrière... Le Conseil supérieur de l'emploi multiplie les propositions pour améliorer le taux d'emploi en Belgique.

Un marché de l'emploi plus flexible pour l'entreprise... et pour le travailleur

Le CSE préconise plutôt d'utiliser plus intensément les marges de flexibilité existantes (travail de nuit et de weekend, heures supplémentaires). © istock

Baisse de cotisations sur les bas salaires, intégration de la main d'oeuvre étrangère, flexibilité horaires, compte-carrière... Le Conseil supérieur de l'emploi multiplie les propositions pour améliorer le taux d'emploi en Belgique.

La baisse du taux de cotisations patronales de 33 à 25% du salaire brut "devrait s'accompagner de mesures complémentaires pour le bas de l'échelle salariale", écrit le Conseil supérieur de l'Emploi, dans le rapport annuel présenté ce jeudi. Une recommandation qui tombe à pic puisque le gouvernement fédéral finalise la concrétisation des mesures décidées en juillet. Les détails devraient être annoncés mardi prochain lors de la rentrée parlementaire. Le CSE constate une amélioration du taux d'emploi en Belgique (73,4% en 2014) mais il reste en-dessous de la moyenne des pays européens d'avant l'élargissement.

Les politiques menées par les gouvernements Di Rupo et Michel ont conduit à une hausse de l'activité chez les 55+. Le problème demeure toutefois pour l'emploi des jeunes, des personnes peu qualifiées et des ressortissants extra-européens. Le CSE préconise dès lors "un effort significatif de relèvement des compétences" des personnes aujourd'hui peu qualifiées (cela implique la participation des Régions et Communautés, responsables de la formation) et des mesures en vue d'une meilleure intégration des étrangers sur le marché du travail. L'écart entre le taux d'emploi des nationaux et des étrangers est de 28 points de pourcentage en Belgique contre une moyenne de 13 points en Europe. Cela devient particulièrement crucial avec l'afflux actuels de migrants. "L'économie belge peut tirer avantage des compétences de cette population", affirme le Conseil supérieur de l'emploi.

Capter les emplois de l'e-commerce

L'institution, qui regroupe les partenaires sociaux et des représentants des différentes entités du pays, insiste également sur la nécessité d'avancer vers une plus grande flexibilité sur le marché du travail, afin de capter de nouveaux emplois. D'une part, dans une économie globalisée et de plus en plus menée par les services, les entreprises ont besoin de pouvoir adapter très rapidement leur capacité de production aux fluctuations de l'activité ; d'autre part, les travailleurs demandent une plus grande souplesse dans leurs horaires et plus globalement la gestion de leur carrière.

Le CSE préconise plutôt d'utiliser plus intensément les marges de flexibilité existantes (travail de nuit et de weekend, heures supplémentaires). " La fréquence beaucoup moins importante des horaires atypiques en Belgique que chez nos partenaires européens doit amener les partenaires sociaux à se pencher sur cette question ", lit-on dans le rapport 2014. Des secteurs émergents comme l'e-commerce pourraient profiter de changements de comportements. Le CSE n'est en revanche pas convaincue par la piste d'une réduction du temps de travail (réclamée par les syndicats) qui, dit-il, conduit souvent à une hausse des coûts salariaux.

Promouvoir le compte-carrière

Le Conseil supérieur de l'emploi revient enfin avec la notion de "compte-carrière". Celui-ci permettrait aux travailleurs d'accumuler des droits à des congés pour interrompre leur carrière, pour se former ou pour compléter leur pension légale. " Dans le cadre de ce compte-carrière, le crédit-temps, l'interruption de carrière ainsi que tous les régimes apparentés pourraient être intégrés, à côté d'un volet de formation, de mobilité et d'épargne temps ", écrit le CSE.

Le ministre de l'Emploi Kris Peeters (CD&V) assure partager l'essentiel des constats et propositions du Conseil supérieur de l'emploi. Il compte avancer sur ces sujets dans les prochains mois en concertation avec les partenaires sociaux.

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