TVA horeca : "On est loin des 6.000 emplois promis !"

13/10/11 à 14:18 - Mise à jour à 14:18

Source: Trends-Tendances

La baisse de la TVA dans l'horeca n'a pas permis de créer les 6.000 emplois promis. Plus encore : le coût pour l'Onem des emplois activés dans l'horeca atteint 40 millions d'euros en 2011, dénonce l'économiste Philippe Defeyt.

TVA horeca : "On est loin des 6.000 emplois promis !"

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La baisse de la TVA dans l'horeca, réclamée par le secteur et décidée par le gouvernement en novembre 2009, n'a pas permis de créer les 6.000 emplois promis, estime Philippe Defeyt, économiste et administrateur de l'Institut pour un Développement Durable (IDD).

"L'objectif n'a peut-être pas été atteint mais le fait d'avoir maintenu l'emploi et créé tout de même plusieurs milliers de postes est déjà exceptionnel", rétorque pour sa part Thierry Neyens président de la fédération Horeca Wallonie.

En 2009, "la baisse de la TVA à 12 %, dont le coût brut a été évalué à 292 millions d'euros par le ministre des Finances, avait été accompagnée de mirifiques promesses du secteur", rappelle Philippe Defeyt. Or, deux ans plus tard, "un examen attentif des données disponibles montre que la promesse des 6.000 emplois en plus n'est pas et ne sera pas rencontrée de si tôt."

L'économiste admet néanmoins que l'emploi salarié dans le secteur a bel et bien augmenté de 5.000 unités entre 2009 et 2011, pour se fixer à un total de 114.400 travailleurs. Mais, souligne-t-il dans la foulée, cette progression est, "pour l'essentiel, le résultat du développement sectoriel normal observé depuis longtemps". En d'autres termes, "ce sont des emplois qui auraient de toute manière été créés".

Coût pour l'Onem des emplois activés dans l'horeca : 40 millions d'euros en 2011

Par ailleurs, le secteur n'a créé que des emplois liés à des programmes d'activation, "c'est-à-dire des emplois dont une partie importante du coût est à charge de la collectivité", poursuit-il. Selon Philippe Defeyt, le coût pour l'Onem des emplois activés dans l'horeca atteint ainsi 40 millions d'euros en 2011.

"Une fois de plus, une politique relativement coûteuse n'est pas évaluée et semble devoir être prolongée sans débat", regrette encore l'administrateur de l'IDD, pour qui il est en outre "peut-être temps de s'interroger sur le cumul d'aides à l'emploi. Est-il normal que le secteur ait bénéficié à la fois de la baisse de la TVA et d'une abondante utilisation du dispositif win-win ? Une question identique se pose d'ailleurs pour le secteur des titres-services."

Fédération Horeca Wallonie : "Arrêtons de dénigrer le secteur !"

Un discours et des critiques qui exaspèrent le président de la fédération Horeca Wallonie : "Ces dernières années, nous avons enregistré une augmentation plus que significative de la masse salariale et une hausse de 6 % du chiffre d'affaires, ce qui prouve que nous sommes sur le bon chemin alors que l'environnement économique a clairement changé. Les évaluations nécessaires ont été faites. Arrêtons maintenant de dénigrer le secteur et stimulons plutôt l'esprit d'entreprise afin de créer de l'emploi."

Trends.be, avec Belga

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